‹ ThéâtreChapitre 120 sur 462 · SCÈNE IZI · texte numérisé non relu

SCÈNE IZI

MONTBRISOX, achecant son verre de bière

Maintenant, en route. Il s'aiziLde me rendre, et vivement, chez ma bonne sœur. Chère Virginie, il y a bientôt quatre ans que je ne l'ai vue... Elle ignore mon arrivée à Paris et ma nomination au grade de capitaine. Quel plaisir ça hii fera de me revoir!... Mon avancement flattera, j'espère, monsieur son mari, que je ne connais pas, car elle s'est mariée pendant mon séjour en Afrique, d'après les conseils de feu .son tuteur. Elle aurait dû m'altendre, je lui aurais donné un mari dans mon régiment, au lieu d'aller épouser un bourgeois... et qui se nomme Boudinier... [Appuyant.] Boudinier ! quel nom 1... Bast! s'ill'aime bien... Voyons, où diable demeure-t-il déjà?... rue... rue... mais j'ai là sur moi la dernière lettre de ma sœur, dans laquelle elle me donne son adresse. (// se fouille.) C'est singulier 1 où i'ai-je donc fourrée? (Toui à coup.) Ah! est-ce que tout a l'heure, pour allumer mon cigare... (// se baisse et relève la lettre à moitié brûlée) Tout juste !... [Après avoir déployé ce qui reste de la lettre.) Ah!... [Lisant.) «Voici mon adresse : nous demeurons rue...» iNlerci ! le reste est brûlé!... [Furieux.) Morbleu! comment faire?... C'est que je ne me souviens positivement que du nom de Boudinier... Allez donc de porte en porte, dans tout Paris, demander : Monsieur Boudinier, s'il vous plaît... J'en aurais pour tout mon semestre... [Ihut à coup.) Ah 1 {Criant., Garçon î

LE GARÇON, entrant.

Monsieur!

MONTBRISO?:.

Donnez-moi un almanach des 2o,000 adresses...

LE GARÇON

Nous n'avons que les Petites Affiches.

MONTBRisoN, avec impatience.

Allons, bon, de mieux en mieux!...

LE GARÇON

Mais vous trouverez peut-être cela au cabinet littéraire, presque en face de l'embarcadère du chemin de fer.

MONTBUISON.

La-bas '^...[En sortant par la fjauche.) XWom à la découverte de mon beau-frere I

LE GAuroN, à Muntbrison, le regardant sortir. Oui... lu..- la petite boutique à i^auche..- Là!... c'est là... ahî.. il y est!... ( // rentre dans le café. )

SCKE IV.

BOUDLXÎER, MADAME BOUDINIER.

[Au moment où Mo7itbrisûn sort par la droite, Boudinier, donnant le bras a madame Boudinier, entre par la gauche.)

MADAME BOUDINIER, a SOU mari, et comme continuant une conversation.

Tiens, lu es insupportable!...

C'est possible, je te le répète, je m'y suis ennuyé à avaler ma langue •• mais, je me suis retenu... quand tu m'y repinceras à ton Jardin des Plantes!

MADAME BOUDINIER.

Une promenade magnifique....

BOUDINIER.

Je l'admire... mais de loin... cet établissement pousse à la tristesse... je sais bien que tu me diras : L'éléphant!.. . sans doute... il a des manières originales; je lui offre de la brioche... et il m'empoigne mon chapeau... qu'il allait engloutir... sans son cornac. .. j'ai li... ah! j'ai ri... quand on me l'a eu rendu, et que j'ai vu qu'il ne me l'avait pas abîmé... Quant aux singes !... je les trouve légers en société .. Nous n'irons plus de ce coté-ià 1...

MADAME BOUDINIER.

Es-tu assez contrariant !

BOUDINIER.

Merci! trouves-en beaucoup de maris aussi complaisants que moi!... Mes affaires de commissionnaire en marchandises m'appellent ce matin au chemin de fer d'Orléans. . lu veux ni'accompagner... ton Boudinier t'offre son bras... Tu manifestes des idées de Jardin des Plantes, j"y entre sans sourciller... et tu me fais avaler les animaux carnassiers, les reptiles, et le cèdre du Liban!... Mais il faut être organisé pour ça ! et puis, j'avais bien autre chose en tète... mes satanées marchandises qui de\ raient être arrivées par le convoi de ce matin... et dont je n"ai pas de nouvelles... Tiens... pour... oh! oui... pour neuf francs, j'irais à Orléans!...

MADAME BOUDINIER.

C'est ça !. . encore un prétexte pour me quitter !

i;ouDiMER, avec reproche.

Ah! Nini... ah! Nini... vous me blessez...

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