‹ ThéâtreChapitre 192 sur 462 · BLA15E · texte numérisé non relu

BLA15E

Mais, dame Louison, je ne lui en veux pas pour cela, à votre déesse. Qu'elle cause !... qu'elle bavarde!... elle fait bien . sans ça elle s'ennuierait dans son île. C'est comme moi dans l'Ermitage. Je me fais la conversation à moi-même , je cause pour causer, je parle à mes choux, je leur dis : Bonjour, mes enfants, bonjour, Biaise, que je fais, comme s'ils me répondaient... Ça va bien, ce matin; ça ne va pas mal, et toi, mon garçon... Mais, tout de même, mes enfants, vous êtes bien honnêtes... Il n'y a pas de mal , quoi ! il n'y a pas de mal !

MARIE

PauvTe Biaise !

LOUISOX.

Qu'est-ce que vous faites là? Pourquoi n'êtes-vous pas a votre ouvrage?

BLAISE

Je ne travaille pas aujourd'hui, c'est fête.

LOUISON

C'est fête? Quelle fête?

BLAI5E.

La mienne, Saint-Biaise. Je me suis dit : Je m'en vais me régaler 'a ne rien faire. C'est ce que je fais. {Il pose sa fourche œntre un arbre près du banc.)

LOUISO>'.

C'est ce que vous faites toute la semaine, paresseux. MARIE, quitte son ouvrage et descend la scène à droite.

Voyons, ne le grondez pas, dame Louison, puisque c'est sa fête. Si j'avais su cela , mon ami Biaise , je vous aurais donné un bouquet. (// descend la scène et se trouve au milieu.)

BLAISE

A.h ! mademoiselle Marie, je n'ai qu'à vous mirer, et v'ià le bouquet !

MARIE

C'est un joli compliment, cela, Biaise; voila un petit écupour vous payer de la peine que vous avez eue à le trouver.

BLAISE

Ah ! je n'ai pas eu de peine , mademoiselle; mais, puisque vous êtes si bonne, vous devriez bien demander pour moi à madame la chanoinesse la permission de sortir quelquefois de l'Ermitage.

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