SCÈNE VIZZ
RICHELIEU seul, puis MARIE.
RICHELIEU
La chanoinesse est encore chez le cardinal, cela nous donne un peu de temps. Au reste, je ne sors plus d'ici que maître de son spcret. La complication de la nièce à Château achève de m'intriguer sur le compte de cette sournoise chanoinesse; il faut qu'il y ait au fond de tout cela quelque étrange mystère d'amour ou de haine. La chanoinesse doit être un démon ou un ange : si c'est un démon, je tâcherai de lui couper les griffes; si c'est un ange, eh bien, on essaiera de lui couper les ailes... Il s'agit d'abord de savoir si c'est elle qui va au bal, ou bien si c'est la petite nièce. La vieille a emporté la clef du pavillon, c'est que l'enfant pst là; il faut que je lui parle... {Il frappe à la porte avec sa canne.) Rien!... {Il frappe une seconde lois.) Rien I ma foi! cassons les vitres! {Il monte sur une chaise de jardin et casse une vitre d'un coup de canne. On entend un cri. Marie entr ouvre la fenêtre tout doucement.) La voici qui se hasarde; mais elle est charmante ! MARIE, après avoir regardé Richelieu, pousse un second cri, puis elles'^avance sur le balcon avec curiosité.
Tiens! tiens!... c'est singulier...
RICHELIEU
Pardon, mademoiselle, je vous ai un peu effrayée...
MARIE
Oui, un peu d'abord; j'ai cru que c'était des voleurs, mais je suis toute rassurée.
Si elle me connaissait, elle le serait moins.
MARIE
Bonjour, monsieur de Richelieu.
RICHELIEU, Stupéfait.
Comment! est-ce qu'elle est sorcière?
MARIE
Bonjour, monsieur le duc de Richelieu.
RICHELIEU
Bonjour, bonjour... mademoiselle Château.
MARIE
Marie de Vierzon, monseigneur.
RICHELIEU
La nièce de M. Château ?
MARIE
Pour vous servir, monseigneur.