‹ ThéâtreChapitre 200 sur 462 · SCÈNE VIZZ · texte numérisé non relu

SCÈNE VIZZ

RICHELIEU seul, puis MARIE.

RICHELIEU

La chanoinesse est encore chez le cardinal, cela nous donne un peu de temps. Au reste, je ne sors plus d'ici que maître de son spcret. La complication de la nièce à Château achève de m'intriguer sur le compte de cette sournoise chanoinesse; il faut qu'il y ait au fond de tout cela quelque étrange mystère d'amour ou de haine. La chanoinesse doit être un démon ou un ange : si c'est un démon, je tâcherai de lui couper les griffes; si c'est un ange, eh bien, on essaiera de lui couper les ailes... Il s'agit d'abord de savoir si c'est elle qui va au bal, ou bien si c'est la petite nièce. La vieille a emporté la clef du pavillon, c'est que l'enfant pst là; il faut que je lui parle... {Il frappe à la porte avec sa canne.) Rien!... {Il frappe une seconde lois.) Rien I ma foi! cassons les vitres! {Il monte sur une chaise de jardin et casse une vitre d'un coup de canne. On entend un cri. Marie entr ouvre la fenêtre tout doucement.) La voici qui se hasarde; mais elle est charmante ! MARIE, après avoir regardé Richelieu, pousse un second cri, puis elles'^avance sur le balcon avec curiosité.

Tiens! tiens!... c'est singulier...

RICHELIEU

Pardon, mademoiselle, je vous ai un peu effrayée...

MARIE

Oui, un peu d'abord; j'ai cru que c'était des voleurs, mais je suis toute rassurée.

Si elle me connaissait, elle le serait moins.

MARIE

Bonjour, monsieur de Richelieu.

RICHELIEU, Stupéfait.

Comment! est-ce qu'elle est sorcière?

MARIE

Bonjour, monsieur le duc de Richelieu.

RICHELIEU

Bonjour, bonjour... mademoiselle Château.

MARIE

Marie de Vierzon, monseigneur.

RICHELIEU

La nièce de M. Château ?

MARIE

Pour vous servir, monseigneur.

Page 1