ACTE m, SCENE X
qu'à toutes ces niarqups d'une bienveillance douteuse, je ne puis répoudre, je ne répondrai jamais que par de Findifférence... sinon de la haine!
LA CHANOINESSÉ, émue.
De la haine !
FLORiNE , à part.
Ils sont barbares, ces tous jeunes gens !
LA CHA>^oiXESSE , se levant et allant près de René. René! cela est-il vrai?... cela est-il possible ? Êtes-vous bien sûr de me haïr ?
RENÉ
Madame !... Eh bien!... non... non... et vous le voyez trop.. je le sens moi-même avec désespoir... C'est un vertige sans nom... c'est un crime... J'aime Marie, mais j'éprouve pour vous en même temps une affection invincible!,..
LA CHANOINESSE
Monsieur !
FLORINE
Oh ! il s'embrouille... bravo !
RENÉ
C'est de la démence, je le sens; et cependant, du fond de mon cœur, il me semble que je n'offense ni vous ni elle... Que puis-je vous dire, madame? Cetie place que tiennent dans la vie des autres hommes les sentiments de l'enfance que je n'ai jamais connus... la tendresse , le respect et toutes les douces religions de la famille... Cette place était vide dans mon cœur... et vous l'avez prise... Je vous aime... hélas!... je vous offenserai si je vous le dis...
FLORINE
Dites toujours..
Mon Dieu !
LA CHANOINESSE
RENE
Eh bien! si j'avais eu une inère... non comme celle qui m'a abandonné... mais une mère belle... tendre.., respectée, je l'aurais aimée du saint amour que vous m'inspirez... Je serais tombé h ses genoux... Je lui aurais dit : 0 ma mère, ne soyez pas jalouse... j'aime Marie... mais il y a assez de place là [frappant sa poitrine) pour vous et pour elle... et vous aussi, ouvrez votre cœur à vos deux enfants!
LA CHANOINESSE, tremblante.
Et cette mère, cette mure. René, savez-vous ce qu'elle vous répondrait?
REXÉ.
Ohl elle me tendrait les bras et me dirait : Aime-lai...
LA CHANOINESSE
Eh bien I... eh bien... aime-la, et surtout aime-moi. {Elle lui
ouvre les bras.)
RENÉ
-Madame !... ma mère !... (// se précipite dans ses bras.)
LA CHANOINESSE, V embrussaiit.
René, mon enfant. [Cris au dehors.) Madame ! madame I...
FLORiNE , se levant.
C'est la voix de Louison !...
LA CHANOINESSE
Mon Dieu I qu'est-ce donc ?