‹ ThéâtreChapitre 224 sur 462 · LA CHANOINESSE , FLORINE · texte numérisé non relu

LA CHANOINESSE , FLORINE

LA CHA>'01>'ESSE

Sauvée, ma Florine !

FLORINE

Sauvée... oui, car l'honneur^vous répond du maréchal, et l'intérêt nous assure de l'autre. Maintenant nous pouvons songer a notre pauvie guidon qui gèle là dehors !

LA CHAN0INE5SE

Mon Dieu! que je suis tremblante... Tu resteras au moins, Florine. {Elle s'assied à droite.)

FLORIXE.

Oui, oui. [Elle ouvre la porte de gauche.) Venez ça, mon cavalier... Venez ! moi je vais lire. [Elle prend un licre sur la table.) Qu'est-ce que c'est?... les cas de conscience!... Bon ! ... je vais chercher le mien !... Entrez... {Bené parait sur la porte.) D'abord rendez-moi ma pelisse. {Elle le fait passer devant elle.) Et maintenant dites à madame la chanoinesse ce que vous avez sur le cœur ! {Elle s'assied et lil.)

LA CHANOINESSE

Parlez, monsieur ! et parlez sans crainte devant ma sœur ! RENÉ, sauant avec embarras.

Madame!... Excusez-moi, madame... mais l'émotion... le respect... votre beauté que je n'avais pu soupçonner jusqu'à ce moment... cet accueil sévère!...

LA CHANOINESSE

Est-il sans raison, monsieur, après le scandale qui vous a introduit chez moi? Quel accueil voulez-vous que je fasse à un homme qui ne sait ni tenir sa parole ni respecter une femme?

Ah ! madame, je vous remercie... En me reprochant si durement ma faute, vous me rendez la force de vous parler comme j'en ai le droit... Avant de quitter cette maison, avant de vous quitter vous-même pour ne jamais vous revoir... j'ai voulu vous dire, madame, que je sais maintenant ce que je vous dois... Depuis plus d'un an vous me trompez par l'apparence d'un intérêt que vous n'avez jamais ressenti... je sais que vous vous êtes jouée de moi.

FLORINE

Mauvaise tête î

LA CH.ANOINESSE.

.Te me suis jouée devons, monsieur René... Est-ce donc lorsque je vous ai tiré du triste isolement où vous viviez à Orléans?... Est-ce quand je vous ai assuré un protecteur puissant? Est-ce quand j'élevais près de moi, comme ma fille, celle que vous aimiez ?...

RENÉ

Celle que j'aimais et dont vous me cachiez avec tant de soin la retraite ! celle que vous reteniez si sévèrement derrière ces murs, en lui laissant ignorer jusqu'à mon existence!... Oh ! je ne puis... je n"ose comprendre dans quel but vous avez pris plaisir à prolonger si étrangement ce mystère, cet artifice... Mais maintenant que mes yeux sont ouverts , je dois vous dire

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