‹ ThéâtreChapitre 244 sur 462 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

RENÉ, LA CHANOINESSE, RICHELIEU, les Laquais au fç^ LA CHANOINESSE, poussaut un cri de joie. Mon Dieu! merci l {René et Richelieu vont ai^devant d'eUe,)

.j:m. mCTE Y, SCENE V. ' H

RENÉ, baisant la main de la Chanoinesse. ■

Madame. . .

RICHELIEU, baisant Vautre main.

Madame... (bas.) que ne le disiez-vousplus tôt?... Ainsi donc...

LA CHANQINESSE, baS.

Je vous avais dit, monseigneur : Laissez-moi votre épée... si c'était un fils!

RICHELIEU, de même.

Et c'était un ûls... {Il passe près de René et lui touche V épaule avec affection.) Joli cavelier, ma foi! [^ la Chanoinesse.) Mon compliment!... Chut!...

,. RENÉ, à part.

Mais que signifie?... {M. Château,, Florine et Marie sortent du pavillon.)

MARIE, en descendant accompagnée de Florine. De grâce, mon oncle... -aoni 1 n •

CHATEAU , descendant derrière eux.

Silence , mademoiselle !

RICHELIEU

Rh ! voilà Château qui nous arrive sombre comme un Dieu inférieur...

CHATEAU

Vous avouerez , monseigneur , que la trouvaille que je viens de faire dans votre chambre n'est pas de nature à égayer un oncle.

RICHELIEU, montrant René.

M. Château, voici un colonel au nom de qui je vous demande la main de votre nièce...

RENÉ, à part.

Jamais I

CHATEAU

Non, monseigneur, elle ira au couvent... au couvent elle ira.

RICHELIEU

Fi ! le vilain homme ! Eh bien ! j'espère être plus heureux auprès de madame Château.

CHATEAU. 'yiH

Qu'entends-je?

RICHELIEU , bas à Florine dont il a pris la main.

Trois cent mille livres, ma chère. Haut.) Madame, j'ai l'honneur de vous demander la main de mademoiselle votre nièca pour M. le colonel.

FLORINE

Mais , permettez.

CHATEAU

Elle hésite!

RICHELIEU, bas.

Trois cent mille livres !

LA CH.vNOiN'ESSE, bas à Flofine, De grâce, je t'en prie... pour lui...

FLORINE

Je vous accorde la main de ma nièce, monseigneur-

RICHELIEU

Merci !

CHATEAU, passant près d^Florine.

Quoi ! mademoiselle, vous daignez consentir à un hymen dont le flambeau?...

FLORINE

A condition que nous doterons notre nièce.

CHATEAU

Oh ! d'une pluie d'or, ma Danaé.

RICHELIEU

Eh bien ! monsieur René. (Il lui montre Marie.)

Monseigneur, vous savez, vous, que c'est impossible.

MARIE

0 mon Dieu !

RICHELIEU, en le conduisant près de la Chanoinesse. Je sais, moi, qu'il est impossible que je vous donne une femme indigne de vous; madame la Chanoinesse vous dira pourquoi.

LA CHAX0INE5SE

Demandez pardon a cet enfant, René.

RÉyÉ, passant près de Marie.

C'est donc vrai, Marie! chère Marie, pardonnez-moi. [Jl cause avec la jeune fille pendant le reste de la scène et CMteau avec Florine.)

LA CHANOINESSE, scule SUT Vavant-scène avec Richelieu. Est-ce que la vue des heureux que vous venez de faire vous attriste, monseigneur?

RICHELIEU

Non, madame; mais je comparais dans ma pensée, mes deux enfants... Celui-là seul est mon fils ; l'autre sera seul... seul mon héritier, et je songeais que bientôt le nom d'homme serait mieux porté que celui de gentilhomme... Mais, madame, votre regard suffit à dissiper ces nuages... et je ne songe plus qu'à dire avec mon royal compère... Bah !... après nous le déluge !...

FIN

Paiis.^ Imprimerie DAndey.Dupr*, rue Saint-Louis, 46, au Marais.

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