ACTE I, SCENE
GRAVINA
Je veux bien VOUS les nonirner... 4 condition que j'aurai un baiser à chaque nom que je vous dirai.
CARLOTTA
C'est un peu cher... Et ici?
GHAVIÎlIif .
Je vous ferai crédit... Et d'abord... [montrant Pascarùllo qui cause avec un groupe au fond, a gauche) tenez, ce petit monsieur qui rit toujours, pour montrer ses dents, c'est un maître à chanter que la reine a amené de Palerme.
car;.otta.
Il n'est pas beau... quand il ne chante pas.
GRAVINA
En revanche, il est fort laid quand il chante!... [Désignant Julio qui entre au fond à gauche.) Ce fat qui salue à droite, à gauche, c'est son compatriote, son ami...
garlotta, étourdiment.
Ah! je connais...
GRAVINA
Comment ! vous connaissez le plus mauvais sujet des Deux- Siciles... qui, depuis quinze jours qu'il est à Naples, compromet toutes les femmes?...
GARLOTTA, se reprenant.
C'est-à-dire... il est venu deux fois dans notre magasin pour des gants... qu'il n'a point payés.
GRAVINA
A la bonne heure... car s'il y allait pour autre chose, il me le payerait!... Ah! voici ..de ce côté... [Jls remontent à droite.) JULIO, qui a traversé la scène en causant avec chacun, revient à gauche, frappant sur Vépaule de Pascariello. Hé! caromio Pa=:ariello !...
PASCARIELLO, descendant la scène avec Jy^lio* Julio I... D'où diable viens-tu?... Je t'ai déjà perdu vingt fois!... tu cours au milieu de toute cette foule comme un cheval échappé.
jyLio.
Le moyen de tenir en place ! je suis ébloui, enivré, mon ami! Partout de ravissantes figures, ou des masques qui en font deviner de plus ravissantes encore l... Oh! les femmes de Naples!.., p^aëstro I
PASCARIELLO, d'un air de dédain.
Peuh!
* Pascariello, Julio*
i^ LES BIJOUX INDISCRETS.
JDLIO.
Qu'est-ce que tu y trouves donc d^ mieux, à Naples?...
PASCARIELLO.
Le macaroni ! . . .
JULIO
Gourmand I
PASCARIELLO.
Ça vaut mieux que d'être un libertin fieffé, qui, le nez au vent, suit toujours à la piste quelque beauté nouvelle...
JULIO
Parce que je n'ai pas encore trouvé celle que je cherche I... Un roman, mon cher, une aventure mystérieuse ; je te conterai cela... De petits billets énigmatiques... une écriture perlée, adorable... C'est la seule femme qui m'occupe, et c'est pour la découvrir que je m'occupe des autres. [Montrant Gravina qui redescend avec Carlotta qui a remis son loup.) Quel est ce jeune cavalier?...
PASCARIELLO.
Un officier du duc d'Albano, le nouveau capitaine des gardes...
JULIO
Oh ! la jolie tournure!...
PASCARIELLO.
L'officier?
JULIO
Eh! non... le masque à qui il donne le bras... et qui porte à son côté ces violettes de Parme que je voudrais voir à ma boutonnière...
PASCARIELLO.
Je crois bien... desaméthistes...
JULIO, la regardant.
Je vais la saluer...* [Le Duc parait au fond à gauche donnant le bras à une dame qui tient un masque sur sa figure.) PASCARIELLO, arrêtant Julio.
Chut!... Attends!...
CARLOTTA, à Gravina.
Je connais celui-ci... c'est le duc d'Albano, capitaine des gardes... mais cette dame ?
GRAVINA
Ne regardez pas... n'ayez pas l'air de reconnaître... LE DUC, s'arrêlant et jetant un coup d'oeil sur la fenêtre du pavillon.
Cette fenêtre!... ah !... {Il passe avec la dame et sort à droite au fond.)
• Paseariello, Julio, le Duc, Gravina, Carlokla.