ACTE I, SCENE VII
JULIO, un peu décontenancé.
Ahl milady, vous êtes cruelle!... mais vous avez trop d'esprit pour me juger par d'autres yeux que les vôtres !... J'ai vainement tenie de me rapproi her de vous... pour détruire vos injustes préventious... V'otre air glacé, vos regards moqueurs m'ont toujours éloignél.. Et cependant je ne puis accepter le dédain... de la seule femme de la cour dont je voudrais obtenir l'estime... de cette Anglaise si éblouissante, si belle!... LOi^D nkmiTO^, jouant avec un petit médaillon d'or qu'elle porte au cou.
Ah! ah! il paraît que le tour des Anglaises est arrivé.
JULIO
Ah ! pour gagner son coeur
I^Apy HAMiLTON, montrant le médaillon.
Air de Téniers C'est celui-ei dont vous parler peut-être, Ce médaillon ?
JULIO, vivement.
Eh quoi 1 ce médaillon !
LADT HAMILTON.
Autant que je puis m'y connaître, Manquerait-il à la collection ?
JUHO.
On vous a dit... Ah! cette calomnie...
LADY HAMILTON, avcc tVonte.
Je sais qu'on aurait le bonheur De s'y trouver en grande compagnie; Mais moi, monsieur, la foule me fait peur... £q pareil cas, la foule me fait peur{}
JULIO
Milady... je puis vous jurer...
LADT HAMILTON, lui Tiant au ncz.
Vous m'amusez beaucoup avec ce regard tragique que vous essayez de rendre sentimenial.. . Je vous croyais plus dangereux... plus fort... [Sérieusement.) Mais puisque le hasard vous a placé sur mon passage, je veux bien, par humanité par pitié pour vous... {Mouvement de Julio.) Je veux bien vous dire qu'il y a quelque dai ger a promener ainsi yo§ hommages à l'aventure Prenez-y garde, monsieur, si votre liberté vous e^t chère!.. JULIO, frappé.
Qu'entends-je !... Oh! je reconnais ce langage... celui d'une amitié mystérieuse... qui veille sur moi!... C'est ellel...
LADY HAMILTON, étonnée.
Que Toulez-vous dire?
JULIO, avec feu.
Que ce n'est pas la première fois que vous me donnez des conseils?... et les billets que vous m'avez écrits...
LADT HAMILTON.
Moi?
JULIO
Que vous m'écrivez tous les jours... C'est vous, convenez-en...
LADY HAMILTON, avec hauteuv. Hein!... Vous êtes un impertinent! {Avec un geste d'éventail,) Otez-vousde là...
JCLio, confondu.
iMilady... [J part,) Ce n'est pas elle!... Quelle école !...
scÈmi vzxz.
Les Mêmes, CLAUDIA, puis plusieurs Personnes du bal, LUCREZZIA. [Musique, 1" chœur du Barbier de Séville.)
CLAUDIA
Le bal est fini, madame. ..La reine passe dans ses appartements. {Elle regarde Julio avec émotion. — Plusieurs personnes passent dans le fond.)
JULIO, à part.
Ah ! milady î milady! [Claudia, en passant près de lui, laisse tomber un billet et s'éloigne.)
LADY HAMILTON, à Lucrezzia, qui paraît.
Vous attendez votre voiture, madame la baronne...
LUCREZZIA.
Et mon mari... Je suis honteuse d'être restée à un bail... C'est si contraire à mes goûts, à mes habitudes!... C'est la faute du baron qui ne vient pas m'offrir son bras... JULIO, s'offrant.
Si j'osais le remplacer, madame...
LUCREZZIA, très-froidement.
Je vous rends grâce, monsieur... je n'accepte jamais le bras d'un cavalier que je ne connais ^às.... {Julio salue.) Mes principes s'y opposent...
LADY HAMILTON, raxlUmt à mi-voix.
Vous n'êtes pas heureux cette nuit, seigneur Julio.
JULIO
Le bonheur est comme les étoiles, milady... 11 se cache quelquefois!...