ACTE !, SCENE X
GRAViNA, frappé et regardant la violette. * Eh! mais, je ne me trompe pas... c'est bien cela!..
JULIO, s' arrêtant.
Qu'a-t-il donc a me regarder, ce petit monsieur?..
pascariello, bas.
C'est qu'il nous trouve bien mis !
GRAVI NA
Pardon, seigneur cavalier... vous avez là, à votre boutonnière, une violette...
JULlO.
Une violettte!.. Oui .. c'est une fleur que j'aime assez!
GRAVINA
De qui la tenez-vous?..
iDLio, sèchement.
Vous êtes bien curieux!..
GRAVINA
C'est que... je l'ai vue, il n'y a qu'un mstant, à la ceinture d'une dame...
PASCARIELLO, à part.
Aïe ! aïe ! ça se gâte !
JULIO
C'est possible!
GRAVINA, s'animant.
Savez-vous bien, monsieur, que je ne permets a personne de se parer d'un bijou qui m'est promis?
JDLIO.
Et moi, monsieur, je ne cède à personne un bijou qui m'est donné !
PASCARIELLO.
Allons, une querelle!..
GRAVINA
Vous me rendrez cette violette !
JULIO
J'attendrai que vous veniez la prendre.
GRAVINA
Mou épée la détachera...
JULIO, fièrement.
Quand vous voudrez !...
PASCARIELLO, s' interposant.
Messieurs, faut-il pour une humble violette?..
GRAVINA, s'approchani de Julio.
Demain... au point du jour, à l'entrée du Pjusilippt'.
* Pascariello, Julio, GraviDd.
30 LES BIJOLX I^VDISCRETS.
JULIO
Ah! pardon... je ne serai pas libre... {Bas à Pascamiio.) Ma visite a Lucrezzia !
PASCâRIBLLO.
Oui... nous avons affaire...
G RAVINA
Ce soir, à minuit, sous les remparts de Saint-Elme...
JULIO
Désolé... un engagement antérieur... {A Pascarieilo.) Mon rendez-vous a la Chiaïa.
PASCARIBLLO.
Nous en sommes criblés!..
GRAViNA, viveiTvent.
Eh bien', [montrant la droite) dans ce taillis, sur-lo-champ...
JULIO
Volontiers... {A Pascariello.] J'aurai encore le temps dt me rendre a la statue de Minerve !
fascariello.
Et de trois'... 11 est impossible qu'un hon)iïie seul y suffise!..
GRAYIHA.
Nous avons nos épées...
JCLIO.
Marchons Viens-tu, Pascariello? ça te fera ta troisième
leçon !..
PASCARIELLO, ks arrêtant et entre eux.
Non pas... je m'y oppose... Un duel dans les jardins du palais!., vous battre sans vous corinaître!...
GRAVIXA .
Oh! je connais le seigneur Julio d'Amalfi!.. de réputation,
du moins et je serai bien aise dp lui laisser un souvenir de
moi.
JULIO
A charge de revanche!.. Votre nom, monsieur?
GRAVIRA
Le chevali^^r de Gravina.
JULIO, passmit à lui.
Ah bah:., vous avez un frère?
GRAVIKA.
En Sicile 1
FASCARIELLO, à lui-)nême.
Ça va s'arrang'-r...
JULIO
Charmant garçon! . je me suis battu avtjc lui...
AriE I, SŒm X. 31
PASCARIBLLO, obasourdi.
Bon!
GRAViNA, avec ironie.
Avec mon frère?..
JULiO.
Oui, je ne sais plus pourquoi... Un yieil officier qu'il avait insulté, . je me suis trouvé là...
GRAVINA
Et comme vous vous mêlez de tout ce qui ne vous regarde pas. . vous en aurez été puni!. . mon frère est d'une adresse...
JULIO
C'est vrai... je l'ai blessé !..
GRAVJNA.
Vous!..
JULIO
Il avait tortl.. mais j'ai été m'informer de ses nouvelles, après... comme j'irai demain vous demander des vôtres... GRAVINA, furieux.
Ahl c'en est trop... Je suis deux fois votre débiteur, monsieur... j'ai hâte de m'acquiter.
JULIO, gaîment.
A vos ordres !... [Se tournant en riant vers p,a§çartellQ.) Mais est-ce drôle, dis donc?.. Les deux frères!..
PASCARIELLO, trOvbU.
Messieurs... messieurs... je ne souffrirai pas. ENSEMBLE.
Air de la Syrèiie.
JULIO
Oui, c'est là ma coaquête Et j'espère à mon gré, Garder la violette Dont je suis décoré !
GRàVlNA.
Pour pauir la coquette, Oui, oui, je reprendrai Sur lui la violette Dont on l'a décoré !
PASCARIELLO.
Messieurs, quel coup de tête ! On peut être blessé I Pour une violette.
Morbleu ! cVst insensé !
Julio et Gratina sortent parle bosquet à gauche , au moment où entre h
barofi.