DUC ROC
Que je ne vous gène pas'..'.... bonne promenade, mesdemoiselles!... (// sort).
BENJAMINE, regardant.
Ahl il estpa^ti! allons, viens, Thérèse, viens, ma sœur, notre mère est bien endormie... nous avons une grande heure à nous !
THÉRÈSE
Me voici, Benjamine! tuas raison de nvéveiller si matin, respiions encore une fois l'air pur, la douce senteur de nos arbres, de nos gazons ea fleurs! profitons encore de tout cela ! Demain nous pouvons ne plus être i«i.
Qui sait? espérons! il ne se présentera peut-être pas un acquéreur assez riche, pour nous déposséder de ce château, l'argent est rare! En attendant, c'est aujourd'hui le premier du mois; c'est aujourd'hui que notre mystérieux bienfaiteur vient déposer là, sous la mousse, l'aumône délicate qu'il a faite, les deux mois derniers, à la veuve du baron de Grantier, à ses deux filles, qui autrefois faisaient l'aumône aux autres.
THÉRÈSE
Hélas !
BENJAMINE
C'est aujourd'hui qu'il faut le surprendre et le connaître! Voyons un peu, Thérèse, si déjà son offrande n'est pas à la place accoutumée. [Elle écarte la mousse.) Non, il n'y a rien; dis-moi, soupçonnes-tu quoiqu'un?
THÉRÈSE
Je crois que oui.
BENJAMINE
Ah! qui donc? notre vieil anu le docteur silencieux, le bon Auberlin ; tu sais bien qu'il est plus pauvre encore que nous.
THÉRÈSE
Non, un autre ami, monsieur Ducroc, notre intendant; ne l'astu pas vu là tout à l'heure?
BENJAMINE
Allons donc ! s'il était la, ce n'était pas pour nous rendreservice.
THÉRÈSE
Souviens-toi du 19 décembre 1796, ily a dix-huit mois aujourd'hui, quand le baron de Grautier, notre pauvre père, fut pris blessé, les armes à la main, en Vendée, et conduit à iNantes devant la commission militaire... qui Ta soutenu, consolé, dans le trajet, sur cette pauvre charrette, où la compassion du gendarme qui r»'scortait l'avait placé pâle, ensanglante; qui l'a exhort à la