‹ ThéâtreChapitre 346 sur 462 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

oiibliép, qu'il no m'a jamais aimée , mais ne me dis pas qu'il esl un lâche; laisse-moi pleurer son amour, ne me force pas à en rougir.

BENJAHINE.

Quand j'e le disais !... Tu l'aimes toujour^;?

THÉRÈSE

Je ne crois pas! Les larmes qu'on dévore, vois- tu, retombent sur le cœur; elles en éteignent lentement mais sûrement toute la flamme.

BENJAMINE

Pourquoi, tout à l'heure, soupçonnais-tu Marcellin d'être ce bienfaiteur caché ?

THÉRÈSE

Qui sait, medisais-je, s'il n'est pas marié, riche, heureux? mais non, non, s'il était marié, il ne m'insulterait pas de son aumône!... S'il était riche, Toffrande serait-elle aussi modeste ?... à moins qu'il ne soit pauvre et honteux de son ingra • titude, et qu'en passant dans le pays, où il se cache peut-ô(rp, il n'ait appris nos malheurs!... Mais non , s'il était pauvre, €■ W se repentait, il serait venu lui-même... Je suis folle, Benjamine, je suis folle, ne m'écoute pas, vois-tu; Benjamine, rentrons, je n'ai plus d'intérêt à rien savoir.

BENJAMINE

Chère sœur... sois courageuse. Il est assez puni celui qui oublie- une femme telle que toi... Tu ne veux plus rien savoir, dis- tu... mais moi?

THÉRÈSE

Ahî toi!

BENJAMINE

Je suis curieuse I

Tu as une idée sur quelqu'un?

BENJAMINE

Oui. As-tu remarqué ce jeune homme qui passe et repasse tant de fois devant nous quand nous allons, par hasard, à ia promenade du petit bois ?

THÉRÈSE

Non ; mais tu l'as vu, toi, cela suffit.

BENJAMINE

Oh I oui, je l'ai vu.

THÉRÈSE

Eh bien ! ma sœur, en attendant que ce jeune homme te dise adieu à la grtlle, le jour où il. rejoindra son régiment, emplis ton cœur de joie et d'espérance... Oh ! Benjamine, quand tu en au-

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rais amassé autant que moi, pendant deux longues années, lu n'empêcheras pas que tout ne s'envole en une heure 1

BENJAMINE

Mais pourquoi ae dis-tu cela ? L'est pour toi peut-être qu'il nous suit.

THÉRÈSE

Moi?... Ahî ma sœur, ceux qui me regarderont bien en face verront à mes yeux qu'iï ne faut pas s'adresser à mon cœur.

BENJAMINE

Encore tes noires idées!... Mais est-ce que tu n'entends pas

du bruil ?

De ce côté...

BENJ.AMINE

On dirait une clef dans la serrure, là. . .

THÉPiÈSE.

Rentrons !

BENJAMINE

Rentre, toi; moi, je me cache derrière ce massif. {Elle se cache derrière les arbres. Thérèse se cache derrière la porte du pavillon.)

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