ACTE I, SCENE VII
sciÈTm vix.
Les Mêmes, BENJAMINE et le DOCTEUR.
BENJAMLNE.
Qui sonne ainsi?..
■ CABRY.
Prends donc garde! prends donc garde!., voilà du monde.
JAGIKTHE.
Ah !.. votre servante, monsieur, madame !
BENJAMINE
Que demandez-vous, mon enfant?..
A boire pour Cabry.
AUBERTIN
Qu'est-ce que c'est que cela, Cabry ?...
JACINTHE
C'est mon bon ami, ce pâlot qu'est là... Salue, Cabry; le pauvre garçon a été à Toulon pour avoir des nouvelles de son brave père, quj avait été exilé, mais en arrivant à Toulon, il appris que le père Cabry était mort Fa-bas des fièvres,., ça a fait tant d'effet à ce pauvre fieux, que voilà qu'il s'en meurt aussi... {Elle s'attendrit.)
BENJAMINE
Pauvres enfants I
JACINTHE, toujours attendrie^ et serrant la main à Cabry. Tu vois, ça prend.
AUBERTIN
Voyons, voyons, garçon ! — Oui, il a la fièvre, assieds-toi là, un peu.
BENJAMINE, à Jacinthe.
Qui était son père?..
JACINTHE
Le père Cabry était le brigadier de la brigade de gendarmes nationaux de Bressuire en Bretagne I — cheux nous.
BENJAMINE
Vous êtes Vendéens ?
JACINTHE
Eh ! oui.
Et tu ramènes ton petit ami dans votre pays ?
JACIMHE.
A Toulon, il est tombé malade 1 — Bien vite, il m*a fait écrire
à Bressuirc qu'il s'ea allait mourant, et comme nous avons ete élevés ensemble, comme je ne Tarais jamais quitté avant son départ pour Toulon, j'ai ramassé tout l'héritage de défunt grand' mère Vignonetie , cent vingt livres en assignats, et* j'ai couru chercher Cabry à Toulon... Dame, le voyage a eu bien vite mangé tout; l'assignat de dix livres vaux dix sous. {A Cahry.) Ça revient-il, Cabry^ ça ravigote t-il?... CABRY, qui a bu.
Oh ! oui, Jacinthe.
BENTAMIXE.
Mais tu ne penses qu'à lui, que te faut-il, à toi ?
JACINTHE
A moi, rien. Oh ! je n'ai pas les fièvres, moi, je n'ai pas perdu mon père en exil ! Quoique tout de même, j'en ai eu ma part de malheurs, depuis lo 19 décembre quatre-vingt-seize.