‹ ThéâtreChapitre 362 sur 462 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

THÉRÈSE, MORANDAL.

MORANDAL.

Vous aimez bien voire mère ?..

THÉRÈSE

Elle n'a plus rien au monde que l'amour do ses enfants !

MORANDAL.

Raymond vient de me conter vos malheurs, et j'ai vu le chagcin que vous éprouviez de quitter cette maison.

THÉRÈSE

Nous pleurerons, nous, mais notre mère mourra.

Si j'avais su cela , je vous jure bien, mademoiselle, que je n'aurais pas acheté. C'est si facile de ne pas acheter une maison de cent mille francs.

THÉRÈSE

Monsieur, le malheur des uns est la joie des autres ! Nous ne pouvons vous en vouloir, vous ne nous connaissiez pas.

MCniANDAL.

Mais à présent je vous connais ; et moi, me connaissezvous?..

THÉRÈSE

Un brave officier, dit-on.

MORANDAL.

Un officier républicain... et vous êtes royalistes?

THÉRÈSE

La fille d'un soldat estime les braves gens de tous les partis.

THERESE

MORAXDAL.

THÉRÈSE

3* LE CHATEAU DE GRANTIEll.

MORASDAL.

Merci, mademoiselle. Il sVgit donc d'empêcher la mort de votre mère.

Oh ! monsieur !

J'ai trouvé jine idée !

Vous!

MORAND AL

Je pars pour l'Egypte et Dieu sait quand je reviendrai ; il n'y a que lui qui sache quand revi ndra le soldat qui part , lui, le Dieu des armées !... Je crois en Dieu, mademoiselle, et j'y pense souvent. Eh bien, pendant mon absence, pourquoi votre mère et vous, ne demeurez-vous pas au château?..

TUÉIŒSE.

Chez VOUS, monsieur, oh !

MOi'.ANDAL.

Pourquoi pas ?

THÉRISE.

Ne vous fâchez pas, monsieur, nous sommes un peu fières; c'est un défaut qui ne devrait pas survivre à la fortune.

MOUANDAL.

Moi, si j'avais encore m^ mère, et qu'on m'offrît pour elle ce que je vous offre de si bon cœur pour la vôtre, j'accepterais !.. Je sais bien... vous êtes une fille de noblesse, et moi, enfant du peuple, je n'ai pas le droit d'être fier comme vous.

THÉRÈSE

Oh ! monsieur, pardonnez-moi, si j'ai été assez malheureuse pour vous offenser I si vous saviez comme c'est loin de mon intention! mais, comprenez, ma mère est habituée à disposer de tout ici. On ne dispose plus du bi^ni d'un autre, et puis, vous reviendrez; Dieu protège les hommes loyaux et braves, vous reviendrez, c'est mou vœu sincère, et il faudra toujours que ma mère s'éloigtie; elle se sera accoutumée, direz-vous, à lidée de partir ! non, cette idée seule l'aura tuée avaut votre retour.

Diable! diable!... tout ce que vous dites la est juste et vrai; U.îyjnond n^ m'avait pas trompé, vous êtes aussi raisonnable que belle

THÉRÈSE

Ainsi , monsieur, merci de tout mon cœur pour vos oftVes généreuses... merci! Nous sommes vos obligées , monsieur le commandant, et dans certaines âmes, quand la reconnaissance a llouri, elle uo mouii jamais! [£Uc s'iiwlùie et part.)

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