‹ ThéâtreChapitre 363 sur 462 · ACTE I, SCENE XIIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XIIL

MORANDAL.

Pourquoi ai-je acheté cette maison?... je n'en avais pas besoin, moi !

THÉRÈSE, se retournant.

Une autre que vous Teût achetée... un autre moins bon qui ne nous eût pas traitées comme vous venez de le faire.

MORANDAL.

Oui , mais j'aurais encore mes cent mille francs.

THÉRÈSE

Grantier les vaut bien, ne les regrettez pas! ^

MORANDAL.

Je les regrette, parce que si je les avais, je vous les donnerais !

THÉRèsE, revenant.

Vousl

MORANDAL.

Parbleu!... est-ce qu'on a besoin de cent mille francs pour aller faire la chas«e aux Egyptiens?... Dans un sac de soldat ça pèse un peu pour courir.

Oh ! monsieur, vous êtes le plus généreux des hommes î

MORANDAL.

Bah ! voyez comme cela s'arrangeait ! Je plaçais mon argent sur ce château , vous me serviez une petite "rente dans les bonnes années , et ça me faisait des relations avec d'honnêtes gens... des relations... ahl monDieuI

THÉREPE.

Quoi donc?

MORANDAL.

Une autre idée!... il paraît que c'est h jour... oui, mais celle-là est tellement... égyptienne... Est-ce que le soleil de là-bas prend des arrhes sur ma cervelle?...

THÉRÈSE

Comme il me regarde !

MORAiNDAL, rêvant.

Oh!...

THÉRÈSE

A quoi songe-t-il?...

MORAKDAL , à lui-même.

Ahl... il faut voir... j'ai encore deux heures... Allons!... {s* approchant.] mademoiselle !

TUBRÈSE.

Monsieiu' !

MORAXDAL,

Voulez-vous me prtMer un monieni votre main ?...

TBÉUÈSE.

Ma main?...

MORANDAL.

Une maia charmante! une main d'honnête femme, mademoiselle...

THÉRÈSE

Oui , monsieur !

Est-elle à vous?...

Monsieur 1...

MORAND AL

THÉRÈSE

MORANDAL.

C'est que , si elle était à vous, je vous la demanderais; vous

ne répondez pas?

THÉRÈSE

Oh !...

MORANDAL.

Vous n'êtes pas libre?...

THÉRÈSE, vivemeiU.

Si, monsieur, si, mais...

MORANDAL.

Eh bien 1 je n'ai pas de famille, vous me donnerez la votre... Dans quelques heures, je m'éloigne d'ici pour n'y jamais revenir peut-être, et .>i je suis tué, vous pourrez vous dire que vous av»^z fait le bonheur de votre mère pour toujours , et celui d'un honnè'c lioinnie pour une heure ; c'est moi qui gagne le plus à ce marché, je le sais bien; mais, croyez-moi, je vaux bien cela.

THÉRÈSE

MarcelUn 1 Marcellin ! p-jurquoi m'as-tu oubliée?...

MOKANDAL.

Vous hésitez ?...

THÉRÈSE

Xon, monsieur; mais cette proposition si brusque, ce délai si court, tant de difficultés!...

MORAXDAL.

Eh î mademoiselle, dites oui seulement, et vous verrez! — II s'esi fait des choses plus difficiles que cela, et en moins de temps. Quand nous avons passé le pont d'Arcole avec Bonaparte, nous n'avons mis qu'un qu.nrt d'heure , et nous n'avions pas le consentement des Autrichit^ns ! (^ Benjamine et Raymond qui entrent). N'est-ce pas, mademoiselle ?...

THÉRÈSE

Monsieur, je ne vous serai pas inférieure en confiance, en

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