ACTE I, SCENE XIIL
MORANDAL.
Pourquoi ai-je acheté cette maison?... je n'en avais pas besoin, moi !
THÉRÈSE, se retournant.
Une autre que vous Teût achetée... un autre moins bon qui ne nous eût pas traitées comme vous venez de le faire.
MORANDAL.
Oui , mais j'aurais encore mes cent mille francs.
THÉRÈSE
Grantier les vaut bien, ne les regrettez pas! ^
MORANDAL.
Je les regrette, parce que si je les avais, je vous les donnerais !
THÉRèsE, revenant.
Vousl
MORANDAL.
Parbleu!... est-ce qu'on a besoin de cent mille francs pour aller faire la chas«e aux Egyptiens?... Dans un sac de soldat ça pèse un peu pour courir.
Oh ! monsieur, vous êtes le plus généreux des hommes î
MORANDAL.
Bah ! voyez comme cela s'arrangeait ! Je plaçais mon argent sur ce château , vous me serviez une petite "rente dans les bonnes années , et ça me faisait des relations avec d'honnêtes gens... des relations... ahl monDieuI
THÉREPE.
Quoi donc?
MORANDAL.
Une autre idée!... il paraît que c'est h jour... oui, mais celle-là est tellement... égyptienne... Est-ce que le soleil de là-bas prend des arrhes sur ma cervelle?...
THÉRÈSE
Comme il me regarde !
MORAiNDAL, rêvant.
Oh!...
THÉRÈSE
A quoi songe-t-il?...
MORAKDAL , à lui-même.
Ahl... il faut voir... j'ai encore deux heures... Allons!... {s* approchant.] mademoiselle !
TUBRÈSE.
Monsieiu' !
MORAXDAL,
Voulez-vous me prtMer un monieni votre main ?...
TBÉUÈSE.
Ma main?...
MORANDAL.
Une maia charmante! une main d'honnête femme, mademoiselle...
THÉRÈSE
Oui , monsieur !
Est-elle à vous?...
Monsieur 1...
MORAND AL
THÉRÈSE
MORANDAL.
C'est que , si elle était à vous, je vous la demanderais; vous
ne répondez pas?
THÉRÈSE
Oh !...
MORANDAL.
Vous n'êtes pas libre?...
THÉRÈSE, vivemeiU.
Si, monsieur, si, mais...
MORANDAL.
Eh bien 1 je n'ai pas de famille, vous me donnerez la votre... Dans quelques heures, je m'éloigne d'ici pour n'y jamais revenir peut-être, et .>i je suis tué, vous pourrez vous dire que vous av»^z fait le bonheur de votre mère pour toujours , et celui d'un honnè'c lioinnie pour une heure ; c'est moi qui gagne le plus à ce marché, je le sais bien; mais, croyez-moi, je vaux bien cela.
THÉRÈSE
MarcelUn 1 Marcellin ! p-jurquoi m'as-tu oubliée?...
MOKANDAL.
Vous hésitez ?...
THÉRÈSE
Xon, monsieur; mais cette proposition si brusque, ce délai si court, tant de difficultés!...
MORAXDAL.
Eh î mademoiselle, dites oui seulement, et vous verrez! — II s'esi fait des choses plus difficiles que cela, et en moins de temps. Quand nous avons passé le pont d'Arcole avec Bonaparte, nous n'avons mis qu'un qu.nrt d'heure , et nous n'avions pas le consentement des Autrichit^ns ! (^ Benjamine et Raymond qui entrent). N'est-ce pas, mademoiselle ?...
THÉRÈSE
Monsieur, je ne vous serai pas inférieure en confiance, en