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ACTE I, SCENE XIV

loyauté, merci pour l'honnour que vous voulez bien me faire!

BENJAMINE

Tu acceptes, ma sœur?

THÉRÈSE

Ouil

Mais... ton cœur?...

THÉRÈSE

Mon cœur n'a pas le droit d'hésiter, quand il s'agit de sauver ma mère... Voici ma main, monsieur!

MORANDAL.

Voici la mienne !

SCNE XIV.

Les Mêmes, BENJAMINE, RAYMOND, DUCROC, LA

BARONNE, ALBERÏIN.

11 réponse!

Et nous restons ici !

Il serait vrai?..

DUCROC.

BENJAMINE

LA BARONNE

MORANDAL.

J'ai dema'-dé à mademoiselle de Grantier qu'elle voulût bien me permettre de vous nommer ma. mère.

LA BARONNE, à Thérèse.

Mon enfant!... c'est pour moi!...

THÉRÈSE

Vous allez être heureuse, je n'ai plus rien à désirer.

Eh bien ! employons précieusement le temps qui me reste... divisons- le par étapes!.,. Le notaire est là... U dressera le contrat, ce srra vite fait... J'espère que /ous n'avez rien!... ni moi non plus, puisque Grantier appartient à votre mère... Nous allons monter uans la carriole qui m'a amené ici, et qui attend au bout de l'avenue, elle nous conduira en dix minutes chez le maire de l'endroit, un vieil ami à moi, où j'ai descendu ce malin et qui expédiera le niariage militairement, au pas de ctiarge... vu les circonstances... J'ai mon témoin, vous avez le vôtre ;ilya bien un bon prêtre, aux environs, pour nous bénir!... Voilà une heure assez bien employée, je crois... chez le maire, nous trouvons le dîner, qui m'attendait garçon, et que j'otîrirai à ma femme, pour qu'il soit dit que nous avons partage le pain et le sel... Un quart d'heure pour bien savourer ce repas de noces; alors, je me levé de table, j'embrasse notre bonne mère, je demande à ma femme la permission de l'embrasser aussi, et à cheval jusqu'à Toulon, où m'attend le général en chef... Quand

vous reviendrez ici, je serai loin, mais j'aurai la consolation de savoir que j'y ai laissé une madame Morandalî... Voire bras, madame la baronne, sans quoi je serais en retard, et mon ami Bonaparte est capable de ne pas m'attendre. [T.e.H domeHxqxies ont apporté les mantes et les chapeaux.]

THÉRÈSE, avec effort.

Allons, ma mère !... [Au docteur.) Votre bras, monyieil ami! [Elle sort avec le docteur.)

MORANDAL.

Allons, Raymond, le bras à ma belle-sœur î

RAYMOND, à Benjamine.

Vous entendez, mademoiselle?

BENJAMIJJE.

Oui, monsieur, j'entends I [Ils passent devant.)

Une maison que j'achète sans la voir, une femme que j'épouse sans la connaître... si on dit que je suis tracassier en affaires... Allons, allons, votre bras, chère belle-mère. {Il sort avec la baronne.)

DUCROC.

Les voilà déjà loin. {Aux domestiques.) Allons, rangez ici vous autres... et commencez à fermer... la nuit vient... Est-ce que l'enfer s'en mêle! ce mariage qui les fait rester ici... et cette petite fille qui arrive, quand, après m'être débarrassé du gendarme, je croyais avoir le secret h moi seul... Oh ! là surtout est le danger ! La Bretonne sait quelque chose; et puisqu'pjl'^ n'a rien révélé à la famille, c'est qu'elle vient ici dans le même but que moi... Pourquoi n'est-elle pas venue plus tôt?... C'est qu'elle voulait avoir le fils du gendarme avec elle!... beau renfu-t!... J'aurais bien du malheur si je n'ai pas bon marché de ces deux enfants... La voilà!.,.

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