‹ ThéâtreChapitre 373 sur 462 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

THÉRÈSE

Eh! mon Dieu! qu'il sache....

RAYMOND, d part.

Thérèse lui reproche de s'être troublée au nom du colonel.

LA BARONNE, has ttu docteuT.

Docteur, ne faites pas semblant, regardez Thérèse... elle n'a rien pris à dîner... Cette enfant-là est malade, a été malade, ou ya l'être.

LE DOCTEUR

Mais non, madame !

LA BARONNE

Si.... depuis ce voyage qu'elle a fait avec sa sœur aux bains de Fréjus, il y a deux mois, je ne la trouve plus la même.

LE DOCTEUR

Je vous assure que je ne vois rien d'extraordinaire...

LA BARONNE

Elle s'ennuie peut-être de son mari?

LE DOCTEUR

Peut-être !

LA BARONNE

Si nous allions promener un peu avant la nuit, veux-tu,

Comme vous voudrez, ma mèrel

LA BARONNE

Eh bien ! allons, cela nous changera les idées.

DUCROC.

Et moi, je verrai ce que fait Jacinthe. SCENE II.

Les Mêmes, JACINTHE.

JACINTHE

Une lettre d'Egypte !

RAYMOND

Quel bonheur !

LA BARONNE

Ah !... ce cher Morandal.

DUCROC

Il revient, j'espère !

THÉRÈSE, épouvantée.

Il revient !

AUBERTiN, à part.

Quel effroi! décidément je ne me trompe pas ! LA BARONNE, examinant la lettre.

Son écriture !... elle n'est pas tremblée... lalettre est longue... lise porte bien, Dieu merci! J'étais bien inquiète pour monsieur

Duraesnil, tout h l'heure, mais pour Morandal, le cœur me bat... Ah! c'est qu'il est mon lils, lui; et je donnerais ma vie pour conserver la sienne! {Lisant.) «25 juillet 1799. Ma chère mère, ma chère femme, ma chère sœur! » 11 a un cœur d'or! « Nous venons de gagner une grande bataille à Aboukir, deux cents drapeaux! les bagages, qu^irante pièces de canon, le pacha de Nûtolie, sont tombés en notre pouvoir... » C'est comme dans le journal, a Je dis, nous, parce que le général Bonaparte prétend que j'en ai fait ma part ! )> Oh! brave...

RAYMOND

Comme César I

DUCROC.

Comme le colonel Dumesnil!

AUBERTIN

Laissez-nous entendre, monsieur Ducroc !

LA BARONNE

Oui!... laissez-nous entendre... vous êtes insupportable l... [Lisanl.] a Que j'ai fait ma part ! Je vous écris du champ de bataille, et mon ami Bonaparte nrautorise à envoyer la lettre, par son courrier... La victi^ue est glorieuse, mais ne nous donne pas de grands résuluis, et je crois bien que nous sommes pour longtemps encore en ce pays! »

DUCROC.

Tiens ! c'est dommage !

LA BARONNE

Tant pis! tant pis ! {Thérèse et Benjamine se serrent la main.) LA BARONNE, Usant.

M Avez-vous eu des nouvelles de ce brave Dumesnil, il m'a écrit une lettre, au Caire, [lour me remercier de l'hospitalité si cordiale, et des soins que vous lui avez donnés à Grantier. J'ai trouvé son style un peu froid, mais on me dit qu'il est d'un caractère réservé... nous ferons un jour plus ample connaissance... Bonaparte fait de lui le plus grand cas, et compte le prendre sous ses ordres a son retour euEuiope. »

DUCROG.

Ah! M. Dumesnit est colonel, lui... il fait son chemin, et monsieur Morandal est resté commandant... C'est peut-être que le général Bonaparte ne veut pas avoir l'air de protéger ses amis I

LA BARONNE, Usant.

« Quand vous m'écrirez... adressez la lettre au colonel Morandal... c'est mou grade depuis deux heures. »

DLCROG.

Ah ! ah !

JACINTHE

Attrape!

RAYMOND

Colonel I mon Dieu I vive le général Bonaparte !

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