ACTE II, SCÈNE III. A
RATMONI).
J'y vais aussi, alors.
LA BARONNE
Eh bien, yotre bras, Raymond.
RAYMOND, à part. Moi qui \oulais tant lui parler de ce voyage, de ce colonel... {A la baronne.) De tout mon cœur. Me voici, madame. SCENE III.
THÉRÈSE, AUBERTIN,pwis BENJAMINE.
THÉRÈSE
Pourquoi m'avez-vous fait rester ici, docteur ?
ACBERTIN.
Vous allez le savoir... Personne n'écoute ?
THÉRÈSE
Non... Que va-t-il dire î
AUBERTIN
Thérèse, avez-vous eu un meilleur ami que moi depuis votre naissance ? Combien de fois vous ai-je sauvés, vous, votre sœur, yotre mère... et votre pauvre père , hélas... combien de fois !
THÉRÈSE
Oh I vous avez été Fange protecteur de cette maison...
! AUBERTIN
Eh bien, Thérèse, depuis un an vous souffrez , et vous ne me le dites pas !
THÉRÈSE
Je vous assure...
AUBERTIN
On ne trompe pas son médecin et son ami !
THÉRÈSE
Cher docteur, vous vous alarmez sans raison, jamais je ne me suis trouvée mieux portante.
Puisque vous ne voulez pas me dire comment vous êtes, ditesmoi du moins, comment se porte votre enfant?
THÉRÈSE
Il sait tout !
AUBERTIN
Regardez ce visage pâle, et convenez qu'à moins d'être aveugle comme une mère, il est impossible de n'y point lire votre secret.
THÉASSË.
Mon amit
Uk LE CHATEAU DE GKANTIER.
AUBERTIN
Malheureuse Thérèse I croyez-vous m'avoir abusé un seul moment?.. N'ai-je pas vu votre douleur après le départ de Marcellin, n'ai-je pas compris le motif de cet étrange voyage à Fréjus, où vous êtes restée si longtemps, contre toute raison ! Hélas! votre vieil ami suivait pas à pas toute cette agonie, et ne pouvait vous aider, ne voulant pas vous trahir.
THÉRÈSE
Comment I
AUBERTIN
J'ai songé un moment à partir derrière vous pour Fréjus, mais que dire à votre mère ?... Que vous étiez malade et que je craignais pour vous?,.. Elle m'eût accompagné, elle eût tout appris.
THÉRÈSE
Oh!
Maintenant le malheur est irréparable... Ce n'est pas de mes soins, c'est de mes conseils que vous avez besoin ; ce n'est pas de ma science, c'est de mon amitié. Vous n'avez plus un instant à perdre ; votre mère, les gens qui nous entourent, tout le monde peut vous découvrir, Ducroc guette sans cesse, il soupçonne d'instinct; Jacinthe elle-même est à craindre, si dévouée, mais si clairvoyante. Je ne vous parle pas de l'éventualité terrible d'un retour.... Dieu merci! la lettre d'aujourd'hui, nous rassure à cet égard... Mais enfin, quels sont vos plans, quelles sont vos ressources?... Voyons, assez d'imprudences, assez de malheurs 1 il est temps d'agir, qu'allez-vous faire, parlez?..
THÉRÈSE
Je n'en sais rien I
AUBERTIN
Vous n'en savez rien I
THÉRÈSE
Non. Oh ! je sens bien ce que vous allez me dire... Tu as trahi l'honnête homme à qui tu dois la vie de ta mère, tu as déshonoré son nom, tu as commis à la fois une infamie et un crime, et quand je te demande comment tu comptes, sinon réparer, du moins dissimuler, tout cela, tu me réponds que lu n'en sais rien; mais tu es donc folle? Oui, docteur, oui! Depuis six mois je ne vis plus; le pied m'a manqué sur le bord d'un précipice, et je me laisse rouler les yeux fermés dans l'abîme; je retiens mon cri, on m'entendrait ; je ne demande rien à Dieu .... Il faut que sa colère frappe quelqu'un, je neveux pas que ce soit mon enfant ou son père.
AUBERTIN
Vous l'aimez encore?...