‹ ThéâtreChapitre 377 sur 462 · ACTE II, SCENE DL Ul · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE DL Ul

THÉRÈSE, avec incrédulité»

Moi 1 oh ! docteur.

AUBERTIN

Mais plus de fausses démarches, plus da faiblesse ; votre enfant, où est-il ?

BENJÂUmE.

Il sait tout !... Je m'en doutais I

THÉRÈSE, embrassant sa sœur.

Oui, Benjamine, il sait tout.

AUBBRTIN.

Heureusement, je l'espère!... L'enfant est donc?...

THÉRÈSE

A FréjusI... où cette douce Benjamine envoie tous les huit jours !

AUBERTIN

Imprudence ! imprudence I quelque jour on la trahirai...

BENJAMINE, à part.

Eh ! bon docteur 1 pas de colère... il n'y est plus 1

THÉRÈSE

Eh bien I elle n'enverra plus, et bientôt j'irai moi-même voir mon petit Benjamin... Songez que depuis sa naissance on me l'a enlevé, et que je ne l'ai pas encore embrassé !

AUBERTIN

Un second voyage ! quand chacun ici, quand votre mère ellemême attribue votre souffrance au premier ! Vous n'irez pas !

THÉRÈSE

Je n'embrasserai pas mon enfant î

AUBERTIN

Non, ma fille !

THÉRÈSE

Ah! prenez gardel docteur... ne m'en demandez pas trop... vous voyez, je suis docile, résignée... Pour l'honneur de mon mari, pour le repos de ma mère, j'ai renoncé à tout dans cette vie ; j'aimerai toujours Marcellin, et j'ai juré de ne ne plus le revoir!... Mais si je n'ai plus pour me consoler, pour me soutenir, les petits bras de mon enfant, si je ne dois jamais répondre à son sourire, si je perds cet unique espoir de répandre sur son berceau toutes les larmes que je dévore depuis tant de mortelles journées, mon ami, ces larmes m'étoufferont, elles noieront mon cœur!... Ne me faites pas souffrir, dites-moi tout simplement : Thérèse, encore un sacrifice, le dernier de tous, Thérèse, la fin de toutes tes peines, le commencement du repos éternel, Thérèse, tu as offense Dieu, demande-lui pardon et meurs! BENJAMINE, à part,

cm uoD; ïhérçse, tu m mQ\^w past

AUBBRTIN.

Eh bien I soit! allez à Fréjus .. allez-y avec Benjamine, avec Raymond, qui, celte fois, vous suivra... et, par la même occasion, racontez tout à votre mère; si elle doit tout savoir, il vaut mieux qu'elle l'apprenne de vous que d'un autre.

THÉRÈSE

Docteur, ayez pitié de moi !

AUBERTIN

Vous me déchirez le cœur, mon enfant; je ne suis pas un barbare et un sage sans entrailles... Mais je l'aime, votre fils... mais il aura en moi le père le plus dévoué... C'est moi qui l'iraii voir, c'est moi qui veillerai sur lui avec sollicitude et qui vous en donnerai tous les jours des nouvelles... moi enfin, qui saurai, quand il le faudra, le rapprocher assez pour que vous puissiez l'embrasser sans vous compromettre; toutefois n'espérez pas, Thérèse, que je vous accorde sitôt ce bonheur... Attendons l'occasion... laissons les soupçons s'éteindre... A partir du moment où j'ai partagé votre secre't, Thérèse, c'est moi qui réponds devant Dieu de votre famille et de vous !

THÉRÈSE

Bien, mon ami... je vous ai compris, je ne me plaindrai plus... J'ai pris mon parti depuis tout a l'heure 1 BENJAMINE, à part. 11 y a plus longtemps que j'ai pris le mien.

AUBERTIN

J'eusse été bien surpris de ne pas trouver cette noblesse et ce courage dans une femme de votre race. Thérèse, nous venons de faire alliance ensemble, au nom de l'honneur, au nom de votre père que; je représente ici... vous me promettez de ne pas aller à Fréjus ?

THÉRÈSE

Vous avez ma parole !

AUBERTIN

Embrassez -moi...

BENJAMINE; à part.

Jure, ma sœur; tu ne risques rien... Je t'épargnerai la peine de te parjurer. {Haut.) Ahl docteur, vous faites pleurer ma Thérèse?...

AUBERTIN

Non, petit ange, tout est fini... Venez, Thérèse, retrouver votre mère, qui doit s'inquiéter d'un entretien si long ; et vous. Benjamine, aftermissez votre sœur dans la voie de salut où je l'engage. Je compte sur voire droiture et sur votre bon cœur.

UE^-JAMINE.

Sur mon cœur... ComptOf-

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