‹ ThéâtreChapitre 393 sur 462 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARCELLIN, dans sa tente, MORANDAL.

MORANDAL, entrant, au sergent du génie.

Le colonel Marcellin Dumesnil ?

LE SERGENT

11 dort, mon officier.

MORANDAL.

Rpveillez-]e ; dites-lui que c'est de la part du colonel Morandal. [Le sergent va prévenir Marcellin.)

MARCELLIN

Morandall... [Il serre précipitamment la lettre de Thérèse, et paraît au seuil de sa tente.)

MORANDAL.

Monsieur le colonel I

MARCELLIN

Monsieur!... (Ils se saluent).

MORANDAL.

Vous me croyiez en Egypte, peut-être?

MARCELLIN

Mais, je l'avoue...

MORANDAL.

Après le 18 brumaire, j'ai demandé à être dirigé sur l'armée du Rhin, et j'y arrive avec un commandement.

Je vous fais mon compliment. Lequel?

MORANDAL.

Le vôtre, colonel... Bonaparte vous réserve une brigade après le départ du général Raimbaut. Toutefois, je n'entrerai que demain en fonctions; jusque-Li, vous êtes chez vous, à l'ombre du drapeau de la 25°^^

MARCELLIN

C'est cela que vous veniez m'annoncer, colonel?

MORANDAL.

Oui, monsieur! cela d'abord!

MARCELLIN

• D'abord?

MORANDAL.

Oui !.. Ne supposez- vous pas que je puisse avoir encore quelque chose à vous dire ?

MARCELLLIN.

Mais...

MORANDAL.

Les exordes me gênent, j'irai droit au but.

MARCEL LIN

Parlez !

Vous avez été bien accueilli au château de Graniier, n'est-ce pas, colonel ?

MARCELLIN

Assurément!

MORANDAL.

Vous y avez reçu, j'espère, les soins, les égards qui sont dus h un bomrae de votre mérite, à un blessé de l'armée française. Je serais au désespoir que vous n'eussiez pas été traité comme un frère dans ma maison.

MARCELLIN

Oh ! que va-t-il me dire?

MORANDAL.

Eh bien î colonel. Et ici permettez- moi de ne plus elro avec vous un messager solennel, mais un compagaon d'armes, bien loyal et bien affectueux ! Eh bien! dis-je, avez-vous rempli scrupuleusement tous les devoirs que vous imposait la reconnaissance, en un mot, quand vous avez quitté Grantier, votre conscience ne vous reprochait-elle rien y..

HARCELLiN.

Mon Dieu I

MORANDAL.

Je suis le fils de madame de Grantier, je suis le maii de Thérèse... Vous devez comprendre ce qui m'amène?

MARCELLIN

Il sait tout !

MORANDAL.

Votre réponse, je vous prie I

La seule que puisse vous faire un homme pénétré de repentir, et courbé sous la honte. Colonel; je vous ai offensé, J'attends vos ordres, disposez de moi!

MORANDAL.

La seule réponse, dites-vous, mais je m'attendais à une autre,

MARCELLIN

A une autre?..

MORANDAL.

Vocs n'êtes pas de ceux dont on g î: ?3ciîi â'in'orreger le cca-

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