ACTE III, SCENE IV
rage, quand il s'agit d'une question d'honneur. Le courage des soldats consiste à bien donner, ou à bien recevoir la mort. Tous deux, nous l'avons assez prouvé sur les chanips de bataille ; je ne viens donc pas vous dire : Etes-vous un homme brave, je vous dis seulement : Etes vous un honnête homme?...
MARCBLLIN.
Mais qu'exigez-vous alors?
MORANDAL.
Vous avez séduit une femme, n'est-ce pas?
MARCELLIN
Monsieur !
, MORANDAL.
Eh bien ! il faut l'épouser !
L'épouser!...
MORANDAL.
Et quand vous épouseriez Benjamine de Grantier?
MARCELLIN
Benjamine !
MORANDAL.
Elle m'a tout dit ! et je lui ai promis qu'elle obtiendrait de vous cette réparation.
MARCELLIN
Benjamine vous a dit que...
MORANDAL.
Ne suis-je pas son frère?... Eh bien! colonel, devenez le mien! Ah! n'hésitez pas, il n'est personne que j'estime autant que vous; voyez, je vous tends la main de tout cœur, donnpzmoi la vôtre,' et faisons une amitié à laquelle j'aspire depuis si longtemps.
MARCELLIN
Benjamine lui a dit!... Serait-il possible qu'elle se fût sacrifiée pour sa sœur I
MORANDAL.
J'attends I
MARCELLIN
Perdre le bonheur de l'une... quand l'autre... jamais, colonel, jamais!
MORANDAL.
Vous refusez I... Oh! mais il me répugne d'avoir sur votre conduite une arrière-pensée. Non, un pareil caractère n'est écrit ni dans vos acles ni sur votre visage. Voyons , colonel, je vous réitère ma demande au nom d'une famille que vous laisseriez plongée dans le déshonneur... Et, prenez-y garde, si vous commettiez... cette... mauvaise action, je n'en appellerais pas contre
vous au sort des armes, non ; je ferais bien plus, je vuus mépriserais I
MAUGELLhN.
Oh ! ne menacez pas !
MORANDAL.
Cette réponse, alors. [Brait an dehors.)