ACTE IV, SCÈNE Vil
JACINTHE
Non... je vais saluer madame Morandal. ( Elle va chez Thérèse. )
LA BARONNE
Allons, Ducroc, envoyez-nous Raymond.
DUCROG. ^
Par où est-elle entrée ? (Il sort.)
LA BARONNE
Enfin, je vais donc savoir quelque chose !... SCEî^E VII.
Les Mêmes, DUCROC, RAYMOND, LE DOCTEUR.
DUCROC, annonçant, M. Raymond !
LA BARONNE, assise prês du guéridon.
Entrez', monsieur Raymond, entrez. Vous avez reçu ma lettre ?
RAYMOND
Oui, madame !
LA BARONNE
Benjamine est là !
RAYMOND» s'inclinant encore.
J'ai eu l'honneur de saluer mademoiselle.
LA BARONNE, à part.
Ah çà, mais ils se boulent. {Haut.) Monsieur Raymond !
RAYMOND
Madame...
LA BARONNE
Vous étiez dans le pays, puisque ma lettre vous y a trouvé.
RAYMOND
Oui, madame !
LA BARONNE
Pourquoi donc ne veniez-vous pas nous voir?
BENJAMINE
Hélas !
RAYMOND
Excusez-moi, je vous prie... Des afTaircs...
LA BARONNE
Permettez, il me semble que vous oubliez à quel point vous avez été familier dans cetic maison... une inlimilé pajeille ne se rompt pas sans de graves motifs... quels motifs avez-vous?... parlez !
RAYMOND
Acun motif, madame.
LA BARONNE
Votre absence, si elle n'a pas de cause, est une injure pour ma fille!... vous vous éluignrz , c'est votre droit; mais expliquez-vous...
Oh!...
LA Baronne, se levant.
Allons... franchement.
RAYMOND
Madame !... mon caractère et celui de mademoiselle Benjamine ne pouvaient sympathiser...
LA BARONNE
Vous ne vous quittiez pas?... et vous êtes d'un charmant caractère, Raymond !... Quant à Benjamine, c'est l'humeur la plus enjouée, la plus égale.
RAYMOND
Je n'accuse pas mademoiselle Benjamine, madame, je suis seul coupable.
LA BARONNE
De quoi?
RAYMOND
De n'avoir pas su me faire aimer.
LA BARONNE
Benjamine ne vous aimait pas ?
RAYMOND
Demandez à mademoiselle.
LA BARONNE
Cest vrai, je n'aimais pas monsieur Raymond. (Elle suffoque et se jelîe au cou de sa mère.)
RAYMOND
Oh!...
LA BARONNE
Tu dis cela, et tu pleures ?
RAYMOND
Elle pleure ?
LA BARONNE
Vous le voyez bien. {A part.) Cest une querelle que ces enfants ont eue ensemble; il faut les laisser s'expliquer.
BENJAMINE
OÙ allez-vous, ma mère ?
LA BARONNE, souHanU Thérèse m'appelle. . ,