LA BARO-XXE
Du poison!
5I0RAXDAL.
Pourquoi donc vouliez-vous mourir?
BENJAMINE
Ma sœur!
THÉRÈSE, se rekvmt.
Assez de mensonges, assez de lâchetés!... à chacun ici sa pan d'honneur et d'infamie. Ah! tu ne veux pas que je meure, Benjamine, eh bien! je parlerai!
BENJAMINE
Ma sœur, je t'en conjure î
THÉRÈSE
Toi *a mes pieds ! toi la plus chaste des femmes, toi qu*on accusait, qu'on méprisait, et qui courbais la têie sous le mépris! Oh Benjamine 1 mais quel châtiment réservera-l-on à la coupable si l'on humilie un ange'tel que toi !
LA BARONSK.
La coupable !
MORANDAL.
Que dit-elle?..
THÉRÈSE
Ecoutez, ma mère, pauvre mère, 'si heureuse ce matin encore. Un homme a répandu ses bienfaits sur une famiUe que mt^naçaieni la ruine et la mort, il a conservé une mèrL' à ses enfants; c'était trop peu de respecter c^t homme, il eût fallu l'adorer à régal d'un Dieu! Eh bien, un soir qu'il revenait fier, joyeui, le cœur épanoui, il s'est heurte à un berceau, près duquel veillaient deux femmes! L'une s'est accusée bravement, elle était innocente; l'autre s'est lâchement évanouie, c'était la coupable. Vous ne comprenez pas encore, pauvre mère ; le bienfaiteur h^