S LE MARIAGE AU MIROIR
LÉox, se retournant.
Hein ? Qu'est-ce que tu veux ?
HERCULE
Rien ! tu me demandes s'il faut que tu me rappelles, je dis: ou
LÉON
Mais non! c'est dans la lettre!
HERCULE
Ah 1 . . . c'est dans la lettre I (7/ remonte.) LÉON, lisant.
« Faut-il que je te rappelle tout ce que je te disais du bon- « heur d'Adèle quand elle épousa Léon. » (Parlé.) Léon tout court! C'est sans façon ! {Lisant.) « Celait bien le plus séduisant cavalier « qui fût au monde, galant, aimable, empressé. » (Parlé.) Ceci est un peu mieux écrit. Lisant.) « Aussi, lorsque je quittai le cou- « vent pour me marier, qu'elle ne fût pas ma joie! mais à peine « arrivé chez ma sœur, Je vis que tout était changé. » (Parlé.) Comment 1 (I/sa/îf.) « Léon est devenu bourru, maussade, gron- « deur, insupportable! » 'Parle.) L'impertinente! (Lisant.) « Ce « ménage qui devait être un paradis , est une querelle en perma- « nence. » [Parle.) Mais c'est une peste que cette petite lille-là ! » (Lisant.) « Et puisque, d'après les observations que j'ai faites, « toutes les femmes mariées sont plus ou moins malheureuses...» (Par/e.) Petite sotte : (Lisant.) ■< Puisque le temps oij l'on est de- « moiselle, où l'on nous fait la cour est le seul moment heureux « de la vie d'une femme, je suis bien résolue à faire durer mon « bonheur le plus longtemps possible ! » (Parlé.) Quoi ! ce serait là le motif?. . . . Comment ! parce que je suis brouillé avec Adèle (]e ne sais même plus pourquoi) , elle croit, elle ose dire que je la rends malheureuse : moi, qui adore ma femme ! — 3Iais, voyons, il y a un post-scriptum. (Lisant.) « Quanta mon prétendu, lema- « gistrat, c'est, comme nous disions au couvent, une bonne pâle. » HERCULE, rentrant vivement.^
Les voilà 1 les voilà !
LÉON
(J part.) Il arrive bien 1 (Haut.) Tant mieux ! Je suis d'une colère !..
HERCULE
Tu as donc découvert ?. . .
LÉON
Rien ! c'est-à-dire. . . (J part.) S'il savait comme elle le traite, il ne voudrait plus m'en débarrasser î
HERCULE
On lui a dit du mal de moi ?
i.ÉON, vivement.
Oui, c'est cela... des niaiseries.
HERCULE
Mais quoi?. . . quoi ?..