SCÈNE IX
Les 3IÉMES, ZOÉ, ADÈLE.
ZOÉ, bas à Adèle*.
Surtout ne vas pas faiblir !
ADÈLE, bas à Zoé.
Sois tranquille, j'aurai du caractère! {Haut ., saluant Ilercuh qui s'avance en jyirovettant.) Je suis ravie de vous trouver ensemble , Messieurs. Ma sœur vient de me faire part de ses nouveaux projets.
LÉON, s' emportant.
Et moi, madame, je [S'arrètant tout-à-coup, à part.) Qu'al-
lais-je faire? une maladresse! Il vaut mieux. . . oui, par insinuation. ..
nuRCULE, 7narquant des pas.
La soirée d'hier n'a pas fatigué xMadame ?
LÉON, vivement. Par exemple! {Très-galant.) Adèle n'a jamais été plus fraîche, plus jolie !
ADÈLE, Stupéfaite.
Hein ?
ZOÉ, à part.
Qu'est-ce qui lui prend ? . . . .
HERCULE, faisant des jettes battus.
Au fait, on ne se lasse pas quand on aime la danse.
ZOÉ, le regardant étoimcc.
Qu'en savez-vous ? Vous ne dansez jamais. . .
HERCULE, vivement.
Au bal, vu ma dignité de magistrat ! mais à huis-clos ! (// bat vn entrechat, à part.) 3e l'étonné!
* H. — L. -Ad. — Z.
20 l.L MARiÂGE Al MIROIU.
ADÈLE, allant à. la cheminée.
Hier, d'ailleurs, mon mari nous a ramenées si vile. ! . . .
ZOÉ, malignement.* Il avait envie de dormir ! il y a des maris qui dorment, on dit même qu'il y en a qui ronflent !
LÉON, jouant l'émotion.
Je souffrais !
ZOÉ, de même.
Ah ! le pâté! de reslomac .'
LÉON, de même.
>on î du cœur J étais jaloux î
ADÈLE.*'
Jaloux ? Il ne vous manquait plus que ce Jélaut-là,
ZOÉ
Mais non ! mais non I Je trouve que c'est assez gentil.
nERCuLE, vivement.
Kt bien naturel, quand celle qu'on aime danse avec un autre. (// danse )
ZOÉ, îe regardant.
Mais qu'est-ce que vous avez donc dans les pieds ?
HERCULE
Rien! Rien ! rien du tout : Je vous le jure. J'apprends la sclioliîCh. {Il bat un entrechat, a part.) 3e l'élonne prodigieusement!
LÉON
Et puis hier, j'étais préoccupé. . . Depuis quelque temps je suis tout maussade. {A sa femme.) Tu ne 1 as pas remarqué ?
ADÈLE
Ne pas le C'eut été difficile :
ZOÉ
Ça saute aux yeux !
LÉON
Des actions que j'avais dans les chemins de fer ! . . . notre fortune que je croyais compromise.
ADÈLE
oh ! ciel :
LÉON, vivement.
Mais, rassure-loi, j'ai pu revendre. J'en reçois à l'instant la nouvelle, et maintenant, mon Adèle, plus d'affaires, plus d'ambilions, je ne veux plus m'occuper que de ton bonheur, de les plaisirs.
ZOÉ, à part.
Mais le voilà comme autrefois, galant, aimable. . .
LÉON, prenant les mains d'Adèle.
A loi : rien qu'à toi :
ADLLE.
Est-ce bien vrai.'
• H. - L. — Z. — Ad.
H.- L. -Ad. — Z.