JOURNÉE II, SCÈNE III
LA REINE
Qu'avez-vous fait?
J'ai chargé le page Rafaël de l'amener cette nuit au palais-
GRISELDA
Ah ! c'est comme nous.
LA REIXE.
C'est une coïncidence bizarre... où donc Tavez-vous laissé?
LE COMTE
Dans un des pavillons de la halte de chasse.
GRISELDA
Toujours comme nous.
BÉATRIX
En ce cas, un des deux messagers ne peut manquer de le faire arriver à bon port... soit ici...
LE COMTE
Soitchez moi... ah ! cependant...
LA REINE
Qu*avez-vou3 ?
LE COMTE
Malgré mon vif désir de plaire à Votre Majesté.. . je crains de me compromettre, en cachant dans mes appartements...
LA REINE
Jecomprends.-. . et je pardonne votre délicatesse. .. seigneur comte ! Eh ! bien !.. vous n'avez qu'à donner des ordres pour que don Melchior soit immédiatement conduit ici... la susceptibilité deGriselda ne s'effarouche pas...
Qu'il vienne!., et foi d'Espagnole!., je suis prête à lui accorder une hospitalité arabe.
LA REINE
Restez donc ici, Béatrix... Sans doute, vou? ne tarderez pas à voir paraître votre chevaleresque fiancé... moi-même, je ferai en sorte de quitter un moment le bal pour venir lui rendre grâce... allons, comte... Fiez-vous à moi, Béatrix... je vais redoubler d'instances auprès du roi... j'aurai ce soir la grâce de don Melchior, ou je sollicite, demain, la disparition d'Alberoni- [Elle sort avec le comte.)