‹ ThéâtreChapitre 83 sur 462 · DONA BÉATRIX, GRISELDA · texte numérisé non relu

DONA BÉATRIX, GRISELDA

GRISELDA

C'est pourtant bien singulier, d'ètrç fiancée à quelqu'un qu'on ne connaît pas!

BEATRIX

Oli ! je le connais... mon cœur l'a pressenli... je l'ai déjà vu dans mes rêves... nobl3 jeune homme.

GUISELDA

Mais s'il était laid?...

BEATRIX

Je suissùredii contraire!... les belles âmes font les belles figures... hardi avec les hommes, timide avec les femmes, l'œil étincelant et le sourire doux. C'est ainsi que je me le représente.

GRISELDA

]Moi, ce qui m'inquiète, c'est de savoir s'il est brun ou blond.

Qu'importe '?..■

GRISEI.DA.

Les bruns sont passionnés.

BÉATRIX

Comment sais-tu cela ?

GRISELDA

Je l'ai remarqué... dans mes voyages.

BÉATRIX

Tais-toi, j'ai cru entendre...

GRiSELDA , écoutant.

Non... personne... les blonds sont tendres... châtain vaudrait mieux... il serait tendre et passionné..- grand Dieu! il me vient une crainte subite!... S'il allait être roux!... nous n'avions pas prévu cela !

BÉATRIX

On frappe à la porte de cet escalier dérobé... Le cœur me bat horriblement. [Aussiiôt Griseïda va ouvrir. Don Gaspar entre, accompagné d'un page.)

GRISELDA, à Gaspar.

Entrez! seigneur cavalier.

BÉATRIX , au page.

Prenez celte bourse et soyez discret ! [Le page sort.)

Page 1