DONA BÉATRIX, GRISELDA
GRISELDA
C'est pourtant bien singulier, d'ètrç fiancée à quelqu'un qu'on ne connaît pas!
BEATRIX
Oli ! je le connais... mon cœur l'a pressenli... je l'ai déjà vu dans mes rêves... nobl3 jeune homme.
GUISELDA
Mais s'il était laid?...
BEATRIX
Je suissùredii contraire!... les belles âmes font les belles figures... hardi avec les hommes, timide avec les femmes, l'œil étincelant et le sourire doux. C'est ainsi que je me le représente.
GRISELDA
]Moi, ce qui m'inquiète, c'est de savoir s'il est brun ou blond.
Qu'importe '?..■
GRISEI.DA.
Les bruns sont passionnés.
BÉATRIX
Comment sais-tu cela ?
GRISELDA
Je l'ai remarqué... dans mes voyages.
BÉATRIX
Tais-toi, j'ai cru entendre...
GRiSELDA , écoutant.
Non... personne... les blonds sont tendres... châtain vaudrait mieux... il serait tendre et passionné..- grand Dieu! il me vient une crainte subite!... S'il allait être roux!... nous n'avions pas prévu cela !
BÉATRIX
On frappe à la porte de cet escalier dérobé... Le cœur me bat horriblement. [Aussiiôt Griseïda va ouvrir. Don Gaspar entre, accompagné d'un page.)
GRISELDA, à Gaspar.
Entrez! seigneur cavalier.
BÉATRIX , au page.
Prenez celte bourse et soyez discret ! [Le page sort.)