XII INTRODUCTION
de boutique parisien, débridé le dimanche et qui veut s'amuser à tout prix. M. Pinson a paru dans deux pièces : la première fois clans Je fais mes farces, folie en un acte, représentée aux Variétés, le 4 septembre 1815. Potier, Brunet et Odry jouaient dans cette pièce. Quolibets, coq-à-1'âne, calembours y pleuvent drus comme grêle. Cette qualification de « folie « n'a jamais été mieux justifiée. Et vraiment il fallait bien pour égayer le public parisien que le diapason fût monté à ce ton aigu, car, le 4 septembre 1815, c'est moins de trois mois après Waterloo, moins de deux mois après l'entrée des alliés à Pari-, et le rire ne devait pas être facile. M. Pinson, le héros de Je fais mes farces, a reparu dans une autre pièce, en 1824: Désaugiers donna alors : Pinson père de famille ou la suite de Je fais mes farces.
Désaugiers a créé M. Sans-Gêne, le camarade de pension qui, au bout d'une trentaine d'années, tombe chez vous à l'improviste, vous tutoie, met votre maison au pillage. M. Sans-Gène ou l'Ami de collège est une petite pièce amusante et pleine de verve. Elle a servi longtemps, moyennant quelques suppressions peu importantes, aux représentations d'écoliers, et dans ces circonstances spéciales elle a luujours fait plaisir, en même temps qu'elle donnait une utile leçon aux futurs Sans-Gêne.
Il a créé le prince Mirliflor, de la Chatte Merveilleuse : Mirliflor subsiste dans le langage familier. Il a créé M. Lagobe (devenu depuis M. Gogo) ; M. Desornières ; M. Pistache, M. Partout. Et nous ne parlons pas des silhouettes piquantes qu'il a tracées dans ses chansons: Cadet-Buteux, le batelier de la Itapée, badaud ot malin ; Monsieur et madame Denis; Margot et Dubelair, Pierre et Pierrette, etc.