‹ ThéâtreChapitre 12 sur 290 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Il serait difficile de dénier le litre d'auteur comique à celui qui a mis en circulation tant d'êtres imaginaires qui représentent, la curieuse époque où ils ont paru, et dont plusieurs sont immortels, aussi bien que les créations de génies plus puissants.

Le chansonnier se fait une large place dans les pièces de Désaugiers, un peu trop large peut-être pour nous, qui ne sommes plus accoutumés à cette forme dramatique. Mais il est évident que c'était là l'attrait le plus vif pour les contemporains. Désaugiers réserve pour les couplets le mot piquant, la saillie originale, la leçon philosophique ou morale, tout ce qui doit frapper le spectateur et rester dans sa mémoire. On rencontre de bien jolies choses, bien des traits curieux, en parcourant son théâtre. Je note, dans le Château de mon oncle ou le mari par hasard ce couplet qui est amusant :

La victoire est toujours fidèle

A qui ne boit pas à demi.

Le soldat dont le pied chancelle

Marche plus droit à l'ennemi; Et je ferais des choses sans pareilles Si .Mars changeait les salues en forets,

Les fusils en vieilles bouteilles,

Les corps-de-garde en cabarets !

Dans les Étrennes du Vaudeville (1er janvier 1821), nous trouvons ce couplet à propos d'un mélodrame d'Ugolin qu'on jouait alors :

C'est là-dedans qu'on voit un papa

Plein d'un' tendresse sans égale

Qui, dans une tour où ce qu'on le flauqua,

Est près de mourir dla fringale.

L'cher homme, après ben des tourments

Sur l'sort d' s orphelins qu'il va faire,

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