SCÈNE V
Le; mêmes, MADELON.
MADELON, fans voir Vincent.
Dites donc, not' maître, je ne sais pas trop comment faire cuire votre dinde aux truffes, moi.
VINCENT, à part.
Une dinde aux truffes !...
BENOIT à part.
Oh! la sotte!...
C'est que c'est la première fois que cela m'arrive, et v:la qu'il se fait tard.
VINCENT
Tu avais raison, mon ami, consolons-nous ensemble. Je ne te quitte pas de la journée.
MADELON, à part.
Ah! jarni! qu'est-ce que j'ai dit là? Diable soit de l'orfèvre !
BENOIT, à part.
Il n'y a plus à reculer.
VINCENT
A quelle heure dines-tu?
BENOIT-
A deux heures précises.
VINCENT
A deux heures?...
BENOIT
Oui. c'est une vieille habitude, et je m'en trouve bien.
VINCENT
Diable! c'est que j'ai à deux heures, ici près, un rendez-vous d'affaires, qui est même le principal objet de mon voyage à Paris, et je ne pourrai être libre qu'à quatre.
BENuIT.
Qu'à quatre?
MADEL'iN, à part.
Qu'à quatre? bon !
BENOIT
C'est malheureux.
VINCENT
Ah ! tu feras bien pour moi une petite infraction à la règle.
MADELON
Ah! ben oui! si mon maître veut être demain au lit pour huit jours, il n'a que ça à faire.
BENOIT
Elle a raison, j'ai déjà payé cher cette complaisance-là. Tu sais ce que c'est que l'habitude à notre âge ; c'est au point que s'il me fallait dîner sur une autre chaise ou à une autre place que celle où j'ai coutume de m'asseoir, mon diner me ferait mal.
C'est fait pour moi. Pourquoi cette petite sotte vient-elle me dire ce que tu as.