‹ ThéâtreChapitre 132 sur 290 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Ah çà ! Messieurs, comment se fait-il ?..

VINCENT, effrayé.

Prenez garde, il est fou.

BENOIT

Gomment, je suis fou !

MADELO.N*, à part.

J'n'ons plus envie de rire.

LE CAPORAL

Connaissez-vous cet homme-là ?

BENOIT

Parbleu ! sans doute, c'est mon ami Vincent .

VINCENT

Là, je ne le fais pas dire.

LE CAPORAL

Silence !

BENOIT

Qui étant tout à l'heure à dîner avec moi, s'est sauvé tout d'un coup comme si le diable l'emportait.

VINCENT

J'avais de bonnes raisons pour cela.

LE CAPORAL

Nous les connaissons, vos raisons.

VINCENT, bas à Madelon.

Dis donc, Madelon, il parait que l'accès est passe.

LE CAPORAL

Des intelligences avec cette fille? qu'on l'arrête

aussi !

Gomment, qu'on m'arrête? Le premier qui me

touche...

BENOIT

Messieurs, je réponds d'elle... Mais, dites-moi donc ce qui est arrivé.

LE CAPORAL

Le voici. Nous avons aperçu du corps de garde cet homme s'enfuyant à toutes jambes, sans chapeau, et regardant toujours s'il n'était pas poursuivi. Cette fuite nous ayant paru suspecte, nous l'avons arrêté, fouillé, et nous avons trouvé sur lui un couvert d'argent. Sur l'aveu qu'il nous a fait qu'il sortait de chez vous, nous n'avons pas douté que ce couvert ne vous appartînt; ce qui nous confirme dans nos soupçons, c'est cette table encore servie, et en conséquence nous allons livrer le coupable à la justice, pour qu'il soit puni d'après toute la rigueur des lois.

VINCENT

Mais quand je vous dis...

LE CAPORAL

Silence!

Messieurs je vous remercie bien de l'intention, mais ce couvert n'est pas à moi.

LE CAPORAL

Vous osez défendre l'homme qui vous a volé! N'insistez pas, ou je vous arrête comme son complice.

VINCENT

Mais puisqu'il vous dit lui-même...

LE CAPORAL

Silence !

VINCENT

Eh! que diable, avec vos silences vous aurez toujours raison...

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