‹ ThéâtreChapitre 14 sur 290 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

le récalcitrant. Une idée lumineuse traverse son esprit : s'il se faisait de cette aptitude à avaler les poissons crus un moyen d'existence. Il s'engage dans une troupedesaltimbanquesetdevient, comme Cadet- Roussel, animal amphibie. On le déguise en poisson, on l'arme d'une fiole d'assa-fœtida qu'il brise dans la baignoire qui lui sert de bassin, chaque fois qu'un spectateur trop curieux veut sonder le mystère de l'homme-requin. La fiole d'assa-fœtida a son charme sans doute, mais lacorde attachée au menton de Cadet-Roussel, de sorte que, chaque fois qu'il veut ouvrir la bouche, Pierrot n'a qu'à tirer pour lui faire plonger la tête dans l'eau, a bien son prix aussi. La notable différence qui existe entre les deux conceptions, c'est que, d'une part, dans la pièce d'Arnault et Désaugiers, Cadet Roussel est poisson malgré lui, tandis que dans le roman d'Eugène Sue, Léonidas est un requin volontaire.

Un petit détail mérite une explication: le texte dit: « Cadet-Roussel, évanoui dans le filet, est couvert de limon, de mousse, de plantes et herbes marines qui l'enveloppent du haut en bas et ne laissenl apercevoir que quelques écailles de sa cuirasse de Matapan, qu'il jouait à bord au moment de l'orage » R faut se rappeler que, dans le premier Cadet-Roussel, Cadet-Roussel ou le Café des Aveugles, par Aude et Tissot (1793), Cadet-Roussel devenu comédien au Café des Aveugles, ce qui était le but suprême de «on ambition, joue un rôle dans une tragédie intitulée Matapan ou les assasshiats de l'amour.

Une autre pièce fameuse que Désaugiers ne signa point, c'est le chef-d'œuvre de la parodie, les Petites Danàides ou quatre-vingt-dix-neuf victimes. Le frère aîné de notre auteur, avait remis au théâtre de

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