‹ ThéâtreChapitre 145 sur 290 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MADAME SAINVILLE

Dans son petit dépit elle est vraiment charmante ! Mon changement de nom l'intrigue, la tourmente.... Mais, mon très cher époux, j'avais su, Dieu merci. Pressentir le hasard qui nous rapproche ici, Et j'ai dû, soupçonnant la frayeur qu'à votre âme Pourrait causer le nom de votre propre femme, A^ous piquer par l'attrait d'un plaisir passager, Et vous reconquérir sous un nom mensonger. Sans cet heureux espoir, qui m'abuse peut-être, Ne me serais-je pas aussitôt fait connaître ? Et quelle force, hélas ! ne m'a-t-il pas fallu, Pour vaincre ce désir que j'ai vingt fois conçu?

Mais dans cette maison, à peine descendue, Au moment où j'allais m'offrir à votre vue, J'apprends que l'Age encor ne vous a pas mûri, Qu'il n'est pas dans le monde une femme à l'abri Ni de vos traits mordans, ni de vos entreprises. Même qu'en vos discours nous sommes compromises. Et que vous conservez, malgré vos quarante ans. Vos airs présomptueux, ironiques, tranchants.... Ali ! Sainville ! quand donc enfin serez-vous sage ? Vous avez tout pour plaire, et n'est-il pas dommage Qu'avec un cœur si bon, votre esprit, malgré vous. Vous entraine à l'oubli des devoirs les plus doux !

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