‹ ThéâtreChapitre 150 sur 290 · SAINVILLE, GAILLARD · texte numérisé non relu

SAINVILLE, GAILLARD

SAINVILLE

Eh ! bien, monsieur Gaillard, avez-vous vu nos belles? Qu'ont-elles dit?... peut-on se présenter chez elles?

GAILLARD, .-nec humeur.

Elles m'ont répondu qu'à toute heure du jour De monsieur de Sainville on recevrait la cour.

SAINVILLE

Oui? j'en étais bien sûr... Des femmes isolées... Dans un hôtel garni... sortant toujours voilées... Recevant un jeune homme... On a tant vu cela!... Tous mes romans d'amour ont commencé par là...

(A Gaillard.)

Me voilà donc admis?...

GAILLARD, voulant tirer un papier de sa poche.

Souffrez, je vous supplie... • •

SAINVILLE, lui serrant le bras.

Ambassade jamais n'a mieux été remplie.

GAILLARD, même jeu.

Permettez-moi, Monsieur...

SAINV1LLE, de même.

C'est que je suis certain Que je ne dois l'accueil qu'on me fait ce matin (Ju'à l'éloge brillant que vous avez su faire De mon nom, de mon rang et de mon caractère.

GAILLARD

Il est vrai que j'ai dît tout ce que j'en pensais.

SA INVILLE.

Je ne m'étonne plus d'un aussi prompt succès... Mais n'importe, l'affaire était fort délicate...

GAILLARD

Monsieur...

SAINVI1.LE.

Vous étiez né pour être diplomate.

On vous a demandé si j'étais marié, Sans doute, car jamais ce point n'est oublié ?

'.AILLA ni».

J'ai dit que non.

SAI.WILLE

Fort bien, c'est mentir comme un gaillard. [ange.

Vous êtes marié?

SAINVIIXE.

Cela vous semble étrange; Je le crois, car j'en suis moi-même encor surpris.

GAILLARD

Alors je leur dirai que je me suis mépris.

S\I.N\ ILLE

Non, gardez-vous-en bien; vous gâteriez l'affaire.

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