‹ ThéâtreChapitre 151 sur 290 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Des respectables noms et d'époux et de père

L'appareil imposant alarme la beauté,

Et devant eux l'amour s'envole épouvanté.

GAILLARD

Où donc Madame est-elle?

SA1NV1LLE

Après dix ans d'absence, Je ne sais trop... Je crois pourtant qu'elle est en Je l'ai quittée à Brest; mais l'idée où je suis [France Qu'elle aura voyagé pour charmer ses ennuis, Fait que toutes les fois que je lui veux écrire, Incertain de la ville où ma femme respire. Je m'arrête, la plume échappe de ma main, Et je remets toujours ma lettre au lendemain. Mais j'écrirai... bientôt... oui, carde ma pensée Dix ans bien écoulés ne l'ont point effacée. Ses traits me sont présents, et si je la voyais, Sans hésiter beaucoup, je la reconnaîtrais... Mais ce n'est pas l'instant de parler de ma femme. Désirant vous payer, et de toute mon âme, Ce que si galamment vous avez fait pour moi, Mon cher monsieur Gaillard, je me fais une loi D'établir, de fixer chez vous mon domicile, Tant que mon régiment sera dans cette ville.

Non, Monsieur...

SA IN VILLE

Et de plus, je veux dans voire hôtel!

Amener, dès demain, tous mes officiers.

GAILLARD, à part.

Ciel !

SA IN VILLE

Vous voyez que je sais reconnaître un service!

GAILLARD

Sans doute ; mais comment voulez-vous que je puisse Loger autant de monde ?

SAINVILLE

Eh quoi ! n'avez-vous pas D'appartements vacants?

GAILLARD

Aucun, du haut en bas.

Je n'en suis pas.Monsieur.pour cela moins sensible...

SAINVILLE

Quoi! pas un logement chez vous n'est disponible?

GAILLARD

Un seul, demain matin, le sera.

Parlez donc.

Et lequel ?

GAILLARD

C'est le vôtre.

SAINVILLE

Hein?

GAILLARD

Oui. Monsieur, pardon.

Si je me vois forcé...

SAINVILLE

Quelle plaisanterie!

GAILLARD

Du tout.

SAINVILLE, riant.

Vous me donnez mon congé ?

GAILLARD

Je vous prie...

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