PIN80N
Et bien, y êtes-vous ?
PANTIN
Pas davantage. Je vous demande bien pardon, mais il faut que j'aille déposer ces personnes (Montrant les ma-
rionettes.
PINSON
Non, non, elles ne sont pas de trop, et je ne vous quitte pas que vous ne m'ayez reconnu. (Le retenant. ) Rappelez-vous où, vous êtes allé il y a environ trois semaines.
PANTIN
Il y a environ trois semaines ?
PINSON
Oui, je ne veux pas vous dire mon nom d'abord... faut que vous le deviniez.
PANTIN, cherchant à sortir.
Où je suis allé il y a environ trois semaines ?
Je dis trois semaines comme je dirai quinze jours.
PANTIN
Ah çà, mais entendons-nous... est-ce trois semaines ou quinze jours ?
PINSON
Eh bien, mettons quinze jours.
PANTIN
J'aime mieux <;a, parce que c'est plus facile à se rappeler... Et c'est là que je vous ai vu ?
PINSON, le retenant.
Oui, je vais vous mettre sur le chemin... Vous souvenez-vous d'une rue ?
PANTIN
D'une rue... attendez donc, si je me souviens d'une rue !... Si vous me disiez seulement le nom...
PINSON
Où deux hommes se disputaient... où il y en eut un qui ayant tiré l'autre par un bouton de son habit comme cela, retendit à ses pieds, (n lui arrache le bouton.) Ah ! pardon. Voilà votre bouton, il ne tenait pas.
PANTIN
Il n'y a pas de mal.
PINSON
Et dans le même moment une voilure venant à traverser, passa comme cela sur les jambes de ce malheureux.
(11 passe sa canne toute crotée sur les bas blancs de Pantin, pour lui indiquer l'endroit ou a passé U voiture, et les lui salit.)
PANTIN
Le pauvre homme !
PINSON
Ah ! mon Dieu! je vous ai sali, je crois.
PANTIN
Il n'y a pas de mal, ça ne parait presque pas.
PINSON
Si hien que la foule ayant arrêté les chevaux et