‹ ThéâtreChapitre 190 sur 290 · PIN80N · texte numérisé non relu

PIN80N

Et bien, y êtes-vous ?

PANTIN

Pas davantage. Je vous demande bien pardon, mais il faut que j'aille déposer ces personnes (Montrant les ma-

rionettes.

PINSON

Non, non, elles ne sont pas de trop, et je ne vous quitte pas que vous ne m'ayez reconnu. (Le retenant. ) Rappelez-vous où, vous êtes allé il y a environ trois semaines.

PANTIN

Il y a environ trois semaines ?

PINSON

Oui, je ne veux pas vous dire mon nom d'abord... faut que vous le deviniez.

PANTIN, cherchant à sortir.

Où je suis allé il y a environ trois semaines ?

Je dis trois semaines comme je dirai quinze jours.

PANTIN

Ah çà, mais entendons-nous... est-ce trois semaines ou quinze jours ?

PINSON

Eh bien, mettons quinze jours.

PANTIN

J'aime mieux <;a, parce que c'est plus facile à se rappeler... Et c'est là que je vous ai vu ?

PINSON, le retenant.

Oui, je vais vous mettre sur le chemin... Vous souvenez-vous d'une rue ?

PANTIN

D'une rue... attendez donc, si je me souviens d'une rue !... Si vous me disiez seulement le nom...

PINSON

Où deux hommes se disputaient... où il y en eut un qui ayant tiré l'autre par un bouton de son habit comme cela, retendit à ses pieds, (n lui arrache le bouton.) Ah ! pardon. Voilà votre bouton, il ne tenait pas.

PANTIN

Il n'y a pas de mal.

PINSON

Et dans le même moment une voilure venant à traverser, passa comme cela sur les jambes de ce malheureux.

(11 passe sa canne toute crotée sur les bas blancs de Pantin, pour lui indiquer l'endroit ou a passé U voiture, et les lui salit.)

PANTIN

Le pauvre homme !

PINSON

Ah ! mon Dieu! je vous ai sali, je crois.

PANTIN

Il n'y a pas de mal, ça ne parait presque pas.

PINSON

Si hien que la foule ayant arrêté les chevaux et

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