INTRODUCTION III
sieurs hymnes révolutionnaires. IJ fit celle d'un « hiérodrame » sur la prise de la Bastille, exécuté dans l'église de Notre-Dame le 13 juillet 1700 et à l'Opéra le 23 décembre suivant. Marc-Antoine-Madeleine, âgé de dix-neuf ans, arrangea en opéra-comique le Médecin malgré lui. Son père en composa la musique ; l'ouvrage, représenté au théâtre Feydeau, en 1791, eut du succès. Les auteurs avaient, disent les biographes, enchâssé dans la comédie de Molière le révolutionnaire Ça ira « d'une manière fort plaisante. » Vraiment, le Ça ira pouvait difficilement être plaisant en ce moment-là, et il devait faire dans la comédie un singulier contraste.
Le jeune Désaugiers fit seul une petite pièce, à la fois en vers et mêlée de vaudevilles, qui réussit fort bien sur un des petits théâtres de Paris. Je vois partout la mention de cette première pièce jouée en 1792, mais on n'en cite le litre nulle part. L'un des premiers vaudevilles représentés à la rue de Chartres, YAuteur d'un moment (18 février 1792) répondrait bien au signalement que l'on donne : il est en vers entremêlés de couplets, ce qui n'était pas une forme dramatique fort usitée. Mais il ne semble pas, d'après d'autres indications, que ce soit à la rue de Chartres que Désaugiers ait débuté.
Il était donc entré dans la carrière, quand se produisit une tragique diversion. Une sœur de Désaugiers épousa un colon de Saint-Domingue et paitil avec son mari pour ïi\/à lointaine. Heureux de fuir Paris et les spectacles odieux qui s'y étalaient de toutes parts, Désaugiers s'embarqua avec les époux. Il voulait passer sa vie au soleil des tropiques. Dans la famille de son beau-frère, on lui destinait quelque emploi de régisseur d'une plantation. Mais il fuyait