‹ ThéâtreChapitre 24 sur 290 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

son talent. Il s'est trouvé engagé dans des opinions politiques, et jamais dans des disputes. Malin sans méchanceté, il a fait rire aux dépens de tout et ne s'est jamais permis de faire rire aux dépens de personne. On ne saurait ni compter ses épigrammes ni lui en reprocher une seule. Il a exercé la critique sans blesser et le pouvoir sans nuire. »

Son existence, en effet, avait été, pour employer l'expression de Nodier, vraiment publique. Il était le boute-en-train indispensable de toutes les fêtes et de toutes les réunions. Il était le convive promis de tous les repas et banquets. Et, par un contraste qui n'est pas commun, il était en même temps homme d'intérieur, bon père de famille, recommandable par ses vertus domestiques.

Dans les nombreux hommages que les contemporains rendirent à sa mémoire, on trouve exprime le regret d'un trépas trop précoce; on eut souhaité de le voir vieillir. « Le ciel qui lui avait donné le génie d'Anacréon lui en devait peut-être les cheveux blancs. » On conçoit que l'amitié ait ainsi parlé. Mais, à vrai dire, Désaugiers mourut à temps. II n'eut pas le chagrin d'assister à la chute du régime politique qu'il avait préconisé et servi. Tout changeait rapidement autour de lui. Les passions s'aigrissaient. La chanson elle-même se faisait politique. A la veille de 1830, il n'y avait plus de place pour l'optimisme épicurien, pour la gaîté et la malice >ans fiel ; il n'y avait plus de place pour Désaugiers.

Louis Moland.

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