INTRODUCTION VII
faire doubler le pas à la bande joyeuse. Mais les commencements furent, pénibles. Désaugiers le père était mort, à Paris, d'une maladie pulmonaire, le
10 septembre 1793. Désaugiers fut obligé de se créer des ressources. Il se lança sans hésiter dans le monde musical et théâtral où il avait débuté jadis.
11 en fut réduit toutefois à accepter des emplois bien modestes. Il prit le bâton de chef d'orchestre dans les petites salles les plus enfumées, notamment au théâtre des Victoires nationales, rue du Bac. Et tout ausssitôt il recommença à composer des petites pièces pour les théâtres de vaudevilles. La première que l'on connaisse est le Testament de Carlin, représenté au théâtre des Jeunes Artistes en mars 1799. lille est, comme celle de 1792, en vers mêlés de couplets.
Bien des anecdotes ont couru sur ces année difficiles.
Brazier raconte dans son Histoire des petits théâtres une caravane que fît Désaugiers avec une troupe comique improvisée : « Vers 180i ou 1805, dit-il (ce fut probablement un peu plus tût), Lepeintre aîné partit avec quelques-uns de ses camarades, sous la tutelle d'un nommé Petit qui enseignait la déclamation aux comédiens. Désaugiers et Jacquelin furent du voyage. Ils allèrent à Marseille, à Avignon. Désaugiers, ainsi que Molière, fut dans la troupe auteur, acteur, et même chef d'orchestre. Jacquelin se borna â l'humble emploi de souffleur. En passant par Avignon, Désaugiers, jouant le père Thomas dans le Club des bonnes gens, chantait une espèce de ronde en deux couplets . Le public, croyant qu'il y en avait trois, se mit à crier: « Le troisième couplet ! le troisième couplet ! » Désaugiers dit tout