‹ ThéâtreChapitre 7 sur 290 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

bas à son camarade : « Il n'y en a que deux ! » Mais le bruit redoublant, il improvisa un troisième couplet qui eut les honneurs du bis.

On pense bien que nos comédiens ambulants ne firent pas fortune. Ils se séparèrent bientôt. Lepeintre aîné alla à Bordeaux... « En revenant de Marseille, Désaugiers, Jacquelin et quelques autres étaient dans un tel état de gène qu'il était temps qu'ils arrivassent à Paris. A quatre lieues de la capitale, leurs estomacs commençant à crier et la caravane ne pouvant plus marcher, Désaugiers prit un violon, et, pour retremper le courage de ses amis, leur joua des contredanses jusqu'à la barrière. Ce fut là que Désaugiers, à qui il ne restait plus qu'un sou dans sa poche, acheta un petit pain et dit en riant à Jacquelin, en le rompant en deux : « Veux-tu l'aile ou la cuisse ? »

On le vit sur les planches au moins dans quelques circonstances exceptionnelles; il était prêt à tout, toujours alerte et dispos. Un soir, dans une de ses premières pièces, L'un après Vautre, l'acteur qui jouait Arlequin est indisposé au moment d'entrer en scène. Qu'à cela ne tienne! Désaugiers endosse la casaque bariolée du fils de Bergame, s'arme de la batte traditionnelle, joue le rôle sous le demimasque noir, et se fait applaudir.

Il allait se trouver bientôt au-dessus de ces aventures de roman comique. Ses succès de théâtre le mirent hors de pair dans la cohue des vaudevillistes. Mminn la ravaudeuse(l8Q3), M. Vautour (1805), Avis au public, fort joli opéra-comique (1806), le Mari intrigué, une comédie en vers représentée la même année sur le Théâtre de l'Impératrice, firent connaître avantageusement son nom.

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