ACTE I, SCÈNE V
LE BAILLI
Eh! non.
PAILLASSE, idem.
Ah! M. le hailli, vous êtes trop bon...
LE BAILLY
Que diable! vous ne m'entendez pas, apprenez que quiconque vient exercer ses talents à cette fête, doit payer un droit au bailli du lieu.
TOUS LES TROIS
Un droit!
LE BAILLY
Oui, mes amis.
PIERROT
Et quel est ce droit?
LE BAILLY
Il est proportionné aux facultés des individus.
GILLES
En ce cas, nous ne vous devons rien.
LE BAILLI
Pas de mauvaises plaisanteries, Messieurs ; si vous n'avez pas d'argent, vous me donnerez le quart de votre recette, ou vous irez chercher fortune ailleurs.
PIERROT
Le quart !
LE BAILLY
Il n'y a pas de milieu.
PAILLASSE
Ah ! M. le bailli, vous voulez retenir à de pauvres naufragés...?
LE BAILLI
Si vous raisonnez, je prendrai la moitié.
GILLES
Ah! M. le bailli...
LE BAILLI
Encore un mot... je prendrai les trois quarts.
PIERROT
Mais considérez donc, M. le bailli.. .
Messieurs, je prendrai tout !
TOUS LES TROIS
Quoi, M. le bailli, vous voulez...
LE BAILLI
Je veux maintenir mes droits, Messieurs.
PAILLASSE
Air : Vaudeville d'Arlequin Cruello.
Un peu d'pitié pour nos malheurs Et pour notre misère.
LE BAILLI
Oui, je partage vos douleurs ; Mais chacun son affaire.
Puisqu'il faut en passer par là, M. l'bailli, Ton vous donn'ra Le quart de la recette.
LE BAILLI
C'est convenu, le quart brut.
Jamais, le ciel m'en est garant, Vous ne ferez autant d'argent Autant d'argent, Que je vous en souhaite. (Il sort.)