‹ ThéâtreChapitre 93 sur 290 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LES PRÉCÉDENTS, PAILLASSE . monté sur un tréteau et frappant sur le tableau, musique, fanfare, charivari.

PAILLASSE, au public.

C'est ici, messieurs et dames, c'est ici qu'on voit le beau, le superbe, le magnifique , l'incomparable poisson péché dans les mers du Nord. Le voilà, messieurs, il est vivant, il a des dents! Qu'est-ce que c'est quec'poisson, me direz- vous? est-ce un requin? non, messieurs; un crocodille ? non, messieurs; est-ce une morue? non, messieurs. Et qu'est-ce donc? Ce que c'est, messieurs, ce que c'est? c'est le roi, le roi des Esturgeons! animal à face humaine, animal qui vous ressemble, et qui est pourtant seul et unique dans son espèce II distingue les sesques, connaît l'heure sur une montre, et indique comme un Ane savantpar le mouvement de sa tête, s'il est dix heures, onze heures ou midi... Ce n'est pas tout, messieurs, ce n'est pas tout; il tousse comme un homme, rit comme un homme, bâille comme un homme, crache comme un homme, éternue comme un homme; il ne lui manque que la parole, et pourtant ce n'est qu'une bête; une bête comme vous... comme vous le pensez. Donnez-vous la peine d'entrer, messieurs et dames, les premières places sont à douze sols, les secondes a six, et enfin, pour que le petit comme le grand puisse jouir de ce spectacle, qui a fait l'admiration de toutes les cours de l'Europe, les dernières sont à deux sols; oui, messieurs, deux sols, pas davantage. On va commencer: c'est le moment! (fanfare). Rangez-vous donc, laissez passer les amateurs.

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