L.V B.\UO>NE
Que trouvez- vous d'étrange à ce que je vous dis?
LE M.^KQUIS.
Tout à riieurc, vous acceptiez avec résignation une rupture qui venait de vous... vous plaigniez Contran, et à l'idée que c'est lui qui vous quitte , vous voilà tout indignée, vous allez vouloir le retenir !
' LA BARONNE
Uh! non, vous méjugez mal, et... (Elle passe à gauche.)
LE MARQUIS
Bah! bah! ma chère... je connais les faiblesses du cœur... .M Ions, calmez ce beau courroux, car ce pauvre Gontran ne le mérite guère...
LA UAHO.NNE.
Connnent cela?
LE MARQUIS, nurraeul.
Serez-vous discrète?
LA BAliONNE.
Mais pourquoi ce mystère?
LE MARQUIS
C'est que je vais trahir un secret...
LA BARONNE
Mon oncle, par grâce, parlez!
LE MARQUIS, clicrchanl 9c3 mol-.
lïh bien ! ma chère, Gontran a appris le retour de votre
mari; il vous coniiait assez pour savoir (|ac vous ne pouvez plus le revoir, et pour vous rendre le sacritice plus facile, il a imaginé... tle feindre cette passion tudesque, et de se faire infidèle pour adoucir vos regrets.
LA BARONNE
Ainsi, cette jeune fdle? cet amour?
LE MARQUIS, vivemenl.
Ne me trahissez pas, surtout I laissez-lui le mérite de >on dévouement.
LA BARONNE
Quoi! il a eu cette pensée?... Oh! noble cœur!
LE MARQl IS, flegmaliqticnicnt.
Ciievaleresque!... il faut lui rendre justice.
LA BARONNE
Ah! vous m'avez fait une pour avec cette ridicule histoire!
LE MARQUIS
C'est bien pour cela que je vous dis ce qu'il en est. (uo Domotique cnlrc du fond, portant une Kllre sur un plateau.) LE DOMESTIQUE.
C'est une lettre pour madame la baronne.
LA BARONNE, prenant la lettre, regarde l'adresse.
De Gonlran! c'est bien!... Sortez! (l* Domestique sort.)
LE MARQUIS
Ah!...
LA BARONNE, décachetant la lettre.
Vous permettez, mon oncle? (eiio l'anied i gauciic.)
LE MARQUIS, avec aplomb.
Faites, faites... Ce doit être ce que je vous ai annoncé... Il vous demande sa liberté, (pendant qu'elle lit.) Eh bien?
LA BARONNE, lisant la lettre.
Kh bien ! vous aviez raison ! Il invoque la nécessité diiiie niptiiie... rabseiicf... l'iinpossibililé de Iniiivt'i- une issut! à iiolitî amour... le rcliuir probable d'un mariijui viendra réclamer ses droits...