ACTE I
LF. MARQUIS.
Je le consolerai... Je lui porterai vos adieux.
L\ BARONNE
Il va venir, je l'attends.
LE MARQUIS
Il va venir?
LA BARONNE
Oui... je lui ai écrit.
LE MARQUIS
Mais c'est insensé, ma chère.
LA BARONNE
Il faut que la position soit aussi nette d'un côté que de l'autre, mon oncle.
LE MARQUIS
Jane, si vous m'en croyiez, vous ne le reverriez pas... c'est imprudent.
Oh! ne craignez rien; mais son dévouement vaut bien un adieu.
' LE MARQUIS
Ma chère, ces adicux-là sont gros de réconciliations.
LA BARONNE
Je vous le répète, mon oncle, une explication est nécessaire, mais je ne faiblirai pas.
LE MARQUIS
Allons, tu es comme les malades qui ont été sages, et à qui l'on ne peut refuser de mettre un peu de miel dans la médecine; mets-y du miel, ma pauvre enfant, mais prends-la.
LA BARONNE
Oh! jusqu'à la^lie, je vous en réponds; dans ces sortes de breuvages, c'est de l'amertume qu'on est avide.
LE MARQUIS
Surtout ne lui laissez pas soupçonner que je vous ai tout révélé... feignez de croire... au prétendu mqriage...
LA BARONNE
Soyez sans crainte, je suis trop touchée de sa générosité...
LE domestique:, aDDonçant.
.Nîonsieur le comte île Presnie.
LA BARONNE
Faites entrer... Mon oncle... voulez-vous me permettre de...
LE MARQUIS
Je me relire. Du courage, Jane!
LA BARONNE
Soyez tranquille.