ACTE ir
ANDRÉE
Voici comment cela est arrivé... Un jour... mais je vous dis là des choses...
LA BARONNE
Continuez... continuez. JN'auriez-vous pas en moi la confiance...
ANDKÉEj ruilenompant.
Oh! que dit'^s-vous, madame?... Je n'osais, par discrétion, pour vous, car je suis si heureuse de parler de lui! Mais, je vous en parlerais sans cesse !
LA BARONNE
Eh bien! alors, parlez, j'aime beaucoup les secrets... Asseyez-vous là, près de moi. (Elles s'asseyent s gau.he, séparées par la Ibble : la baronne, AaJie'e.)
ANDRÉE
D'abord... nous l'avions rencontré au bal... il m'avait priée pour un quadrille, et, toute confuse, j'avais dû lui avouer que je ne savais ni danser ni valser... Alors. . il est si bon!... il ne dansa plus de la nuit... et il resta près de moi et de madame de Mùlhem... Je l'écoutais tout émerveillée... c'était la première fuis que je me trouvais dans le monde...
LA BARONNE
Oui, après?
ANDRÉE
On l'avait présenté à mon père... et le lendemain du bal, il vint nous faire une visite. Je ne l'aimais pas encore... ou plutôt... je ne savais pas encore que je l'aimais... car j'avais malgré moi beaucoup pensé à lui...
Ouij ensuite?
ANDRÉE
Trois jours après, il revint... Mon père, vous le savez, a une grande expérience des hommes... et naturellement... Contran devint notre ami le plus assidu ; il était de tous mes plaisirs... comme aussi de toutes mes peines... car c'est par les larmes que nous avons compris notre amour... C'est étrange, n'est-ce pas?
LA BARONNE
Oui;, mais... continuez.
ANDRÉE
Comme je raconte mal!... Mais c'est qu'il \ient de mon cœur tant desouvenirsà la fois... que je ne puis tout dire... et je ne voudrais rien passer...
LA BARONNE
Oui, je comprends.
ANDRÉE
Un jour, c'était le 12 juillet... un triste jour pour moi, c'est l'anniversaire de la mort de ma mère... Gontran m'avait accompagnée à l'église; je m'étais agenouillée et je priais... c'est-àdire je me souvenais... quand, en relevant les yeux sur lui, je vis une larme qui roulait sur sa joue... il pleurait avec moi. — Ah! cette larme tomba sur mon cœur! il me sembla entendre au fond de mon âme la voi.\ de ma mère qui me disait : Tu l'aimes, enfant, et je souris à ton amour!... Alors, je tendis la main à Gontran .. il la prit sans parler... et nous sortîmes de l'église, nous tenant toujours par la main... comme des liancés que Dieu vient de bénir !
Mais... ce n'était peut-être chez lui qu'une sympalliie, une tendre pitié... il ne vous avait pas dit qu'il vous aimait?
ANDRÉE
Oh! il me l'a ditdepuis... mais nous nous étions bien compris, car, au retour de l'église, je dis à mon père l'amour de Gontran... et Gontran lui avoua le mien.
LA BARONNE
Et votre mariage est convenu?
ANDRÉE
Non, pas encore.
LA BARONNE
Ali ! rien n'est arrêté? (Elle te levé ci passe à droite.) ANDRÉE, 8e levant aussi.
Gontran devait partir le lendemain pimr Munich, et mon père ne savait pas si nous resterions en Europe. Sa position et cell»; de Gontran les obligeaient à différer une demandi' officielle jusqu'au jour...