ACTE III
LE MARQUIS
Oh ! taisez-vous...
LA BARONNE^ s exaltant peu à peu.
Mais, qui vous dit qu'en faisant mon malheur je ne fais pas aussi le sien?... Il nfaime peut-être encore... puisqu'il m'obéit... puisqu'il renonce à son avenir...
Jane ! ce que vous dites là est insensé. . Voyons, ma chère, vous êtes en présence d'un devoir...
LA BARONNE
Vous me parlez de devoir?... Mais, alors, je ne comprends plus ce qui est bien et ce qui est mal !... Je suis folle ou slupide !... Envers qui des devoirs ?... Envers celui qui s'est joué de mon amour, qui a violé les engagements les plus sacrés !
LE MARQUIS, cherchant à la calmer.
Jane, mon enfant, il y a du vrai dans ce que vous dites là. Mais, je ne puis vous répondre que par ce lieu connnun de la morale et des lois : Il est des faiblesses qui n'effleurent même pas la considération d'un homme et qui déshonorent une femme à jamais.
LA BARONNE, au comble de l'cxallalioD.
Ah! oui, vous flétrissez celui qui ment à sa parole... qui fausse un contrat, où de vils intérêts sont engagés!... Mais torturer le cœur de celle à qui on a promis le bonheur!... Briser tout un avenir... ruiner toute une vie... c'est là une faiblesse dont le monde rit, après tout... Qu'est-ce qu'un serment devant Dieu, fait à une femme?
LE MARQUIS
. Jane !
LA BARON>'i:.
Et quand, l)risée, meurtrie aux anneaux île sa chaîne, cette femme demande aux lois leur appui, le scandale s'élève sous ses pas !... Eh bien! moi, qui n'ai jamais failli, je vous le crie du fond de mon malheur!... votre monde est crimhiel! votre morale est inique !
LE MARQUIS
Mon enfant, au nom du ciel, calmez-vous!
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LA BAUONNE, fonJaul en laiin*"* oi comme cpouvaiilce ilc ce i|ii cllo vient
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Ail! vous l'avez dit, mon oncle, je suis folle! je suis iulle!
(Klic se jcile <laii3 les I ras du Mjniiii?.)
LE MARQUIS
Allons, pli.urez, ma chère, cela vaut mieux que de vous révolter; si j'étais bon cliétien... je vous dirais de belles choses sur la récompense do vos douleurs, mais ces belles choses-là sont écrites d'avance dans le cœur des femmes. Lisez dans le vôtre et méditez.
LA BARONNE
Ah ! soutenez-moi, mon oncle, car vous le voyez, je me perds, je m'égare.
LE MARQUIS
Allons, remettez-vous... on pourrait venir; que penserait-on en vous voyant ainsi?
LA BARONNE, avec découragement.
Ah ! que m'importe? (eiie passe à droite.)
LE MARQUIS
Il importe qu'on ignore... Ah!... voici votre mari.