ACTE IV
gi'àco pour lui, il sera sur mes lèvres ci uoii :lans mou cœur. (La Baronne s'incline.) J'ai retardé le niomeut de celte entrevue, compreuant que la passion est souvent mauvaise conseillère, et j'ai attendu que l'exaltation dans laquelle je vous ai laissée eût fait place au calme et i^i la réllexion.
LA BARONNE
Et sans doute, monsieur... la réflexion a amené en vous ce que vous espériez lui voir produire en moi?
LK BARON
Chez moi, cela était inutile, madame... je ne suis jamais plus calme que quand je suis dans mon tort, (ii prenJ une cimise.)
LA BARONNE
Mais vous avouez donc, monsieur, que vous êtes dans votre tort?
LE BARON
Il faut bien que cela soit, madame, puisque je vous tiens ce langage après l'étrange confidence que vous m'avez faite.
LA BARONNE
Ainsi, monsieur...
LE BARON, s'asseyanl.
Ainsi, je viens vous dire que les faiblesses de l'humanité ne me sont pas tellement -étrangères que j'aie pu croire, espérer même, qu'une femme jeune, belle, abandonnée à toutes les séductions du monde, garderait à un mari absent, ingrat, son cœur pur de toute passion, son âme vierge de tout rêve... je n'ai pas pensé cela, madame.
LA BARONNE
Pardon, monsieur... vous avez bien lu la lettre que je vous ai remise... vous savez bien à qui elle était adressée?
LE BARON
Oui, madame... et j'ai compris, d'après cette lettre... que vous ne pouviez garder ma fille près de vous.
LA BARONNE, avec inniiiélude.
Mais... où voulez- vous donc en venir, monsieur?
LE BARON
A ceci, madame : .l'ai entièrement changé le plan d'avenir
qiie je vous avais proposé; j'accepte l'ambassade d'Angleterre : vous restez à Paris dans votre hôtel; moi, je pars avec ma fille.
LA BARONNE
Oui... et monsieur de Prcsme... vous suit!
LE BARON, sévèrement.
Madame !
LA BARONNE, avec calme.
J'entends!... Mais dans tout cela, monsieur... vous m'oubliez un peu trop, ce me semble.
LE BARON
Comment?...
LA BARONNE
N'êtes-vous donc revenu près de moi que pour nie délaisser encore ?
LE BARON
Je suis revenu avec la volonté de racheter le passé, madame... Depuis, j'avais fait un autre rêve , c'était de reconquérir votre cœur par ma tendresse...
LA BARONNE
Monsieur ! *
LE BARON
Vous avez dissipé ce rêve, madame... J'ai bientôt compris, que mon retour était un malheur pour vous... et je me sacrifie en m'éloignant.
LA BARONNE, avec un calme affecté.
Je n'ai pas demandé cet éloignement, moi.
LE BA BON
Je le sais, madame, mais après ce qui s'est passé entre nous...
LA BARONNE
Mais, dites-vous bien toute votre pensée, monsjeur?... Kn vous éloignant... n'avez-vous pas un autre but ?
Que voulez-vous dire, madame ?
LA BARONNE