ACTE IV
VALONNE
Mais...
LE BARON
Tais-toi... Je ne dois pas me venger. (Après un silence, allant à Goniran.) Savcz-vous ce que me dit cette lettre,... Contran?
GONTRAN
Je l'ignore, monsieur.
LE BARON
Cette lettre me dit que vous partez ce soir avec ma tenime.
Que dites-vous, monsieur?... Mais, c'est une calomnie!
LE BARON
Cette lettre est de la baronne... Elle est chez vous, et elle vous attend !
CONTRAN.
Alors, monsieur le baron, vous retirez la main que vous me tendiez... ayant reçu ma parole de gentilhomme?
LE BARON, noblement, en lui tendant la main.
Non, je vous la donne de nouveau, sans crainte de serrer la inain d'un parjure. -
CONTRAN, avec cLaleur.
Monsieur le baron, vous m'avez fait un jour Thonneur de m'appeler votre fils, -disposez de moi, de ma vie, et ce que vous ordonnerez, je le ferai.
LE BARON
En vous tendant la main, je l'ai compris ainsi; mais le passé et l'expérience de ma vie exigent que je vous impose un temps d'épreuves.
CONTRAN.
J'accepte, monsieur le baron, et sans crainte.
LE BARON
C'est bien, partez pour Vienne, et dans un an, venez me demander la main de ma fille, si vous vous en croyez digne : je m'en lierai à votre loyauté.
CONTRAN.
Et VOUS aurez raison... Me perniettez-vous, pour dernière grâce, de faire mes adieux à mademoiselle Andrée ?
LE 'BARON
Oui, Contran. (ll tiro leconlon de la cheminée.)
VALONNE
Les temps sont durs pour les maris... Cela me rend rêveur.
LE BARON, au Domesli(|ue.
Priez mademoiselle de Cliaulieu de venir. (Le Domestique sort.) Devant elle, Contran, gardez-vous de laisser voir que cet adieu est peut-être cterncl.
CONTRAN.
.Je l'aime, monsieur le baron, ne craignez rien.