HENRI, DANIEL
(©auiel esi assis devant un clievalet et peint.) HENRI; entrant.
Bonjour, père.
DANIEL
Bonjour, ami. (Henri prend la main que lui tend son perc et lui donne un baiser sur le front,)
HENRI
Je t'ai encore laissé dîner seul hier, pauvre père.
DANIEL
N'aie pas de regrets, clicr enfant, si tu t'es amusé.
HENRI
Mais pas le moins du monde, et je me suis trouvé stupidc. Deiiuis imit jours, sous préte.\te de plaisir, je
4 LA FIAMMINA
dîne au café de Paris avec Sylvain, Maurice, Paul, et chaque jour, en m'asseya.it à leur table, je rci^arde à mon rôle, je ne l'y vois pas, cela me trouble, et je songe qu'au même instant tu éprouves sans doute la nu'me impression en regardant ma place vide auprès de toi.
(Re^.r.Unl le ubleia que peinl Diniel.) TicnS, lU TCpreudS ta
bataille de Pharsale ?
Oui.
nE>Ri.
Oh ! cela vient bien mieux.
DAMEL
Tu trouves ?
HENRI
Oui, celte mêlée de chars, ces groupes qui s'élrcigncnt, ces chevaux effarés; dans le fond, le choc lumuitueuï de ces phalanges sombres que César d(Miiine, calme et fior comme une statue équestre au-dessus d'une foule, ce ciel livide, en harmonie avec le carnage, tout cela émeut, transpurtc, épouvante... Quelle belle tuerie !
DAMEL
Ohl maintenant, je le tiens.
HENBl.
Je préfère toujours ton Macbeth cependant; pourquoi De le liuii-lu pas? il vient si bien.
I»AMtL.
C'est peut-être pour cela. J'ai peur de le gâter en le terminant ; l'esquisse est la jeunesse d'un tableau, c'est son àmc, et l'âme perd souvent à prendre un corps.