‹ ThéâtreChapitre 212 sur 292 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LIRMAY, MADAME DE LIRMAY, GEORGES.

Comme tu as chaud. (Elle lui essuie le ri-oni.) Je suis sûre que tu as encore monté ce démon de Trilby.

LIRMAY.

C'est mon cheval le plus vite et... je venais te voir, ma chère.

MADAME DE LIRMAY.

Oh ! oui, un madrigal... pour couvrir ton imprudence. — Ce cheval me fait peur.

LIRMAY.

Ahl pauvre amie!... Mais je le vendrai^ alors...

MADAME DE LIRMAY.

Non, je sais que tu y tiens,- mais pourquoi t'exposer en le dressant toi-même?

LIRMAY.

Trembleuse!... Tiens, demande à Georges s'il l'effrayerait?

GEORGES

Il n'est pas si dangereux qu'il le paraît.

2G I.A SECONDE .lEL'NESSE

L I R M A Y , à Georges.

Et toi! philosophe... je ne l'ai pas vu à Paris, celte semaine?

GEORGES

J'y suis allé chaque jour, mais je ne t'ai pas trouvé chez nous.

LIRM AV.

Est-ce que tu te ressens toujours de ta rage de diplomatie?

GEORGES

Mais, père, que veux-tu que je fasse de mon temps? Par nos relations de famille, je puis me créer un avenir...

LIRM A Y.

Je ne saurais te hlàmer, mon ami, si c'est ta vocation...

MADAME DE LIRMAY.

Moi, au contraire, je l'y encourage. La valeur d'un homme est toute, aujourd'hui, dans son mérite personnel; seulement, gronde-le. Ne veut-il pas nous quitter?

Nous quitter ?

GEORGES

Je puis obtenir une place à l'ambassade de Madrid.

LIRMAY.

Quelle idée, mon cher, mais je m'y oppose formellement.

MADAME DE LIRMAY.

Tu le vois.

GEORGES

Pardonne-moi d'insister, père, mais j'ai des raisons sérieuses...

LIRMAY.

Peuh! les rai.sons sérieuses de ton âge... l'envie de voir

du pays. Eh bien ! fais un voyage d'un mois en Espagne.

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