‹ ThéâtreChapitre 243 sur 292 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

RENÉE

Prenez garde!... il est des choses qu'un galant homme ne doit jamais dire à une femme^ si malheureuse qu'elle soit, elle a quelquefois le droit d'être plainte, sinon respectée.

ROBERT

Vous vous méprenez sur le sentiment qui m'amène, madame...

RENÉE

Votre présence ici est une offense I

ROBERT

Non, madame, elle est au contraire une preuve d'estime. Je ne puis vouloir vous offenser, car celle que j'ai épousée a été votre amie, je ne saurais l'oublier. C'est en son nom que je parle, et c'est elle qui vous prierait pour sa mère, si elle savait tout.

RENÉE

Elle ignore?...

J'ai gardé votre secret.

RENÉE

Vous?

ROBERT

Oui.

RENÉE

Et VOUS me voyez sans colère?

ROBERT

Oui, car je vous plains.

RENÉE

Vous me plaignez?

ROBERT, avec bonlioniic.

Oui; je vous plains; mais me prenez-vous pas pour un (le ces puritains tout d'une pièce qui ne jugent que le fait; de ces gens à vues étroites, qui conflomnent sans tenir compte de la lutte et qui ignorent le malheur attaché à certaines destinées? Croyez-le, c'est un ami qui vous parle, et quelque délicat que soit ce sujet, je ne veux pas vous offenser, car nous le traiterons en nous donnant la main... Le voulez- vous?

RENÉE, lui prenant la main.

Merci... quoique vous me portiez un coup mortel.

Page 1